Centrafrique : le BRDC dénonce une dégradation de la situation économique, sécuritaire et politique

Bangui, le 04 juin 2026 (Centra-News)—

Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) a publié, ce jeudi 4 juin, une déclaration dans laquelle il dresse un tableau particulièrement sombre de la situation politique, économique et sécuritaire en République centrafricaine. La plateforme de l’opposition accuse le pouvoir en place d’avoir aggravé les difficultés du pays et appelle à une mobilisation pour la restauration de la démocratie.

Dans son communiqué signé par son coordonnateur, Maître Crépin Mboli-Goumba, le BRDC revient sur la prestation de serment du président Faustin-Archange Touadéra le 30 mars dernier, à l’issue des élections générales de 2025. L’opposition continue de contester la légitimité de ce troisième mandat, qu’elle qualifie d’« usurpé », estimant que le scrutin a été marqué par une faible participation et de nombreuses irrégularités.

Le BRDC critique également la reconduction du Premier ministre Félix Moloua ainsi que le maintien de la majorité des membres du gouvernement. Selon la plateforme, cette décision est en contradiction avec les engagements pris par le chef de l’État lors de son investiture, lorsqu’il avait promis de rompre avec les pratiques de mauvaise gouvernance et de lutter contre l’enrichissement illicite.

Des inquiétudes sur la situation économique

Sur le plan économique, le BRDC se dit préoccupé par les difficultés rencontrées dans les discussions entre le gouvernement centrafricain et le Fonds monétaire international (FMI). L’opposition estime que l’absence de transparence dans certains secteurs stratégiques, notamment celui des hydrocarbures, constitue un frein à la conclusion d’un accord avec les partenaires financiers internationaux.

La plateforme dénonce également la hausse du coût de la vie, particulièrement les prix des carburants, qu’elle juge excessifs par rapport aux autres pays de la sous-région. Elle s’inquiète par ailleurs de l’augmentation de la masse salariale de l’État et des charges budgétaires qui, selon elle, pourraient fragiliser davantage les finances publiques.

Le BRDC relève également la prudence affichée par certains partenaires internationaux à l’égard du Plan national de développement (PND), rappelant les interrogations persistantes sur la gestion de plusieurs financements internationaux accordés au pays ces dernières années.

La sécurité au cœur des préoccupations

Concernant la situation sécuritaire, le BRDC évoque un climat de tension croissante marqué par des incidents signalés dans certaines localités, notamment aux environs de Boali. La plateforme fait état de cas d’enlèvements contre rançon et de mouvements d’hommes armés qui, selon elle, alimentent les inquiétudes de la population.

L’opposition critique également la politique régionale du gouvernement, notamment son implication présumée dans le conflit au Soudan. Selon le BRDC, cette situation pourrait exposer la République centrafricaine à des risques diplomatiques et sécuritaires.

Une crise politique persistanteSur le plan politique, le BRDC estime que le boycott des élections par une partie de l’opposition et de la population a accentué la crise de confiance entre les autorités et une frange importante des acteurs politiques. La plateforme regrette l’absence d’un dialogue politique inclusif malgré les appels répétés qu’elle affirme avoir lancés depuis plusieurs années.

Face à cette situation, le BRDC appelle la communauté internationale à s’impliquer davantage dans la recherche d’une solution politique durable. Il invite également l’opposition démocratique à adapter sa stratégie aux nouvelles réalités du contexte national.

Réaffirmant son engagement en faveur du rétablissement de l’État de droit et de la démocratie, le BRDC indique vouloir poursuivre son combat par des moyens légaux conformément aux lois de la République.

Rédaction Centra-News