
Bangui, le 04 août 2026 (Centra-News )—
La Cour d’appel de Bangui a ouvert sa première session criminelle de l’année 2026 par l’examen d’une affair’ d’homicide survenu en’avril 2024 dans la préfecture de la Lobaye. À l’issue des débats, les juges ont requalifié les faits de meurtre en assassinat et condamné Vomelema Saturnin à 15 ans de travaux forcés ainsi qu’au paiement de 5 millions de FCFA de dommages et intérêts à la partie civile.
La session s’est ouverte par la prestation de serment de seize jurés, suivie du tirage au sort du présidium composé du président Pessire Thierry, assisté des juges Thierry Mouskite et Destin Damili. Le ministère public était représenté par le procureur Jean Vidal Damas.
Selon l’acte d’accusation lu à l’audience, les faits remontent au 26 avril 2024 dans le village de Bobélé, en Lobaye. Vomelema Saturnin était poursuivi pour avoir mortellement atteint son frère, Matrekpelossio Étienne, à l’aide d’une arme à fabrication artisanale.
À la barre, l’accusé a affirmé avoir agi en état de légitime défense. Il a expliqué qu’il nourrissait des soupçons d’infidélité à l’égard de son épouse. Selon son récit, alors qu’il était parti à la chasse, il a découvert une glacière contenant de la nourriture dissimulée dans la brousse et a décidé d’attendre la personne venue la récupérer. Il affirme avoir vu son frère s’approcher de la glacière avant que celui-ci ne le menace avec un couteau. Se sentant en danger, il dit avoir fait usage de son arme, blessant mortellement la victime.
L’accusé a également évoqué les difficultés au sein de son foyer, affirmant que les relations avec son épouse s’étaient fortement détériorées. Il soutient que ces tensions ont alimenté ses soupçons jusqu’à découvrir, selon lui, que l’homme concerné était son propre frère.
Entendue comme témoin, l’épouse de l’accusé a déclaré que la victime l’aurait contrainte à entretenir des relations sexuelles avec lui dans la brousse. Elle a également affirmé que celui-ci avait l’habitude de venir discrètement la solliciter derrière leur domicile.
Lors des plaidoiries, l’avocat de la partie civile, Me Mackpevo, a rejeté la thèse de la légitime défense, estimant que les éléments du dossier démontraient une action préméditée. Il a également contesté la crédibilité du témoignage de l’épouse de l’accusé et sollicité la condamnation de ce dernier au paiement de 10 milliards de FCFA de dommages et intérêts.
Le ministère public a, pour sa part, considéré que les faits relevaient d’un assassinat en raison de la préméditation présumée. Le procureur a requis l’application de l’article 53 du Code pénal centrafricain, qui prévoit la réclusion criminelle à perpétuité.
La défense, assurée par Me Ndakpa, a demandé à la Cour de retenir les circonstances atténuantes. L’avocat a soutenu que l’intention criminelle n’était pas suffisamment établie et que son client avait réagi sous l’effet d’une provocation. Dans sa dernière déclaration, Vomelema Saturnin a présenté ses excuses à la famille de la victime, affirmant remettre son sort entre les mains de Dieu.
Après délibération, la Cour d’appel de Bangui a requalifié les faits en assassinat. Tout en reconnaissant des circonstances atténuantes, elle a déclaré Vomelema Saturnin coupable et l’a condamné à 15 ans de travaux forcés. La juridiction l’a également condamné à verser 5 millions de FCFA de dommages et intérêts à la partie civile, un montant largement inférieur aux 10 milliards de FCFA réclamés par cette dernière.
Vivien de Capistran Nvalé










