
Bangui, le 04 juin 2026 (Centra-News)—
L’ancien représentant de la FAO en République centrafricaine, Jean Alexandre Scaglia, plaide pour un retour des investissements massifs dans l’agriculture africaine qu’il considère comme le principal levier de développement économique et d’emploi pour la jeunesse.
Au cours d’un entretien consacré à la situation agricole en Afrique et en Centrafrique, il regrette la baisse progressive de l’intérêt des bailleurs internationaux pour le secteur agricole depuis le début des années 2000.
« Dans les années 70, 80 et 90, l’agriculture représentait la principale source de financement des projets de développement. Aujourd’hui, les bailleurs considèrent à tort que financer l’agriculture ne sert à rien », déplore-t-il.
Selon lui, cette perception négative constitue une erreur stratégique majeure alors que le continent africain dispose d’un potentiel agricole considérable.
Pour Jean Alexandre Scaglia, la République centrafricaine possède d’importantes capacités de production agricole encore largement sous-exploitées. Il estime anormal qu’un pays disposant de vastes terres arables continue d’importer près de la moitié de sa consommation alimentaire. « La Centrafrique devrait exporter de la nourriture au lieu d’en importer », insiste-t-il.
L’ancien responsable onusien cite plusieurs filières prometteuses telles que le manioc, le maïs, l’arachide, le maraîchage, l’élevage de volailles, la pisciculture ou encore la production fruitière.
Il appelle les autorités nationales et les institutions africaines à faire du développement agricole une priorité politique afin de renforcer la souveraineté alimentaire du continent.
Jean Alexandre Scaglia salue notamment la nouvelle orientation stratégique de l’Union africaine qui place désormais l’agriculture et la souveraineté alimentaire parmi les priorités du continent. « La souveraineté alimentaire signifie qu’un pays doit être capable de nourrir sa population quelles que soient les crises internationales », explique-t-il.
Pour lui, l’agriculture constitue également une réponse durable au chômage des jeunes en République centrafricaine, à condition que des investissements conséquents soient réalisés dans le secteur.










