Centrafrique : l’ADLCP plaide pour un soutien accru aux actions en faveur des populations vulnérables

Bangui, le 11 juin 2026 (Centra-News)—

Créée en 2016 à Bangui et officiellement reconnue en France en 2019, l’Association pour le Développement et la Lutte contre la Pauvreté (ADLCP) poursuit depuis une décennie ses actions humanitaires en faveur des populations les plus démunies de la République centrafricaine. Sa présidente fondatrice, Mme Véronique Adeline Endjindjotogo, revient sur les réalisations de l’organisation, les défis rencontrés et ses attentes vis-à-vis des autorités et des partenaires.

Résidant en France, Mme Véronique Adeline Endjindjotogo explique que la création de l’ADLCP est née de sa volonté de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des Centrafricains touchés par les conséquences des conflits et de la pauvreté.

« Face à la précarité qui frappait de nombreuses familles à travers le pays, j’ai voulu apporter ma contribution pour soutenir nos compatriotes les plus vulnérables », souligne-t-elle.

Au cours des dix dernières années, l’association a multiplié les initiatives sociales. Un bureau administratif a été ouvert dans le quartier Walingba, dans le 5ᵉ arrondissement de Bangui. Chaque année, l’ADLCP distribue des fournitures scolaires, des jouets et divers dons aux enfants orphelins et démunis. L’organisation apporte également une assistance alimentaire et des kits d’hygiène aux personnes vulnérables et organise des visites de soutien aux personnes âgées.

L’association affirme avoir financé cinquante femmes à hauteurs de 50 000 francs CFA chacune afin de les aider à lancer des activités génératrices de revenus. Des campagnes de sensibilisation à l’entrepreneuriat féminin sont également menées dans plusieurs quartiers de Bangui.

Dans le domaine agricole, l’ADLCP développe des activités à Léa où des femmes vulnérables bénéficient de légumes et de tubercules de manioc produits localement. Selon la présidente, ces initiatives permettent à plusieurs familles de faire face à l’insécurité alimentaire. Ces actions sont principalement financées grâce à des collectes de fonds organisées sur les réseaux sociaux ainsi qu’à des contributions personnelles.

Concernant l’accompagnement des jeunes, Mme Endjindjotogo se félicite des résultats obtenus. Plusieurs bénéficiaires des financements accordés poursuivent encore leurs activités entrepreneuriales quatre ans après le lancement du programme. Certains se sont orientés vers le commerce, l’agriculture ou l’élevage et continuent de développer leurs activités.

Toutefois, elle déplore le manque d’appui institutionnel. Malgré des partenariats conclus avec certains ministères, notamment celui des Petites et Moyennes Entreprises, les promesses d’accompagnement n’auraient pas été concrétisées. Face à cette situation, l’association affirme avoir dû mobiliser elle-même des ressources à travers des collectes en ligne pour financer ses projets.

La présidente de l’ADLCP évoque également de nombreuses difficultés liées à l’insuffisance des financements. Selon elle, les besoins des populations vulnérables restent considérables tandis que les moyens de l’association demeurent limités. Elle estime qu’un soutien accru permettrait notamment de créer davantage d’emplois pour les jeunes et de contribuer à la réduction de certains phénomènes de délinquance dans les quartiers défavorisés.

Présente aujourd’hui dans plusieurs localités du pays, notamment à Bangui, Damara, Bambari, Ippy, Bangassou, Grimari, Berbérati et Ouadda-Djallé, l’ADLCP lance un appel aux autorités publiques, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux personnes de bonne volonté.

L’association sollicite notamment des équipements agricoles, des matériels de transformation alimentaire, des moyens de transport ainsi qu’un appui destiné à renforcer ses programmes d’assistance aux personnes âgées, aux jeunes et aux familles vulnérables.

Par ailleurs, l’ADLCP indique avoir signé des protocoles de partenariat avec sept ministères, dont ceux de l’Éducation, de l’Action humanitaire, de la Promotion de la Femme et de l’Enfance, des Arts et de la Culture, des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Agriculture et de l’Élevage. Cependant, Mme Endjindjotogo estime que les résultats de ces collaborations restent insuffisants au regard des attentes de l’association.

« Nous sommes des Centrafricains engagés pour notre pays. Depuis dix ans, nous travaillons pour les plus vulnérables et nous souhaitons simplement bénéficier d’un accompagnement qui nous permettra de poursuivre cette mission au service de la population », conclut-elle.