Centrafrique : le Projet Maïngo renforce la lutte contre les normes sociales freinant l’autonomisation des femmes et des filles

Bangui, le 28 mai 2026 (Centra-News)—

Le Projet Maïngo organise, du 28 au 30 mai 2026 à Bangui, une formation des formateurs destinée à renforcer la sensibilisation sur les normes sociales qui entravent l’autonomisation des femmes et des jeunes filles en République centrafricaine.

Cette session réunit plusieurs acteurs issus des zones d’intervention du projet, notamment des responsables régionaux et préfectoraux du ministère en charge de la promotion du genre. En partenariat avec l’Association des Femmes Juristes de Centrafrique (AFJC), les participants auront pour mission d’identifier, former et accompagner des relais communautaires chargés de mener des actions de sensibilisation directement au sein des communautés.

Selon Christelle Boua, chargée de communication du Projet Maïngo, les normes sociales restent un obstacle majeur à l’émancipation des femmes dans plusieurs localités du pays.

« Les communautés locales sont encore profondément marquées par des pratiques et des croyances qui limitent l’autonomisation des femmes et des jeunes filles. Pour atteindre les objectifs du projet, il est indispensable de sensibiliser les populations sur les conséquences de ces normes et de promouvoir des changements positifs de comportement », a-t-elle expliqué.

Elle a précisé que le projet vise notamment à améliorer l’accès des femmes et des filles aux services essentiels tels que la santé, l’éducation et les opportunités économiques.

Au-delà des campagnes médiatiques déjà diffusées à travers les radios, la presse en ligne et d’autres médias traditionnels, le Projet Maïngo mise également sur une approche de proximité. L’objectif est de disposer d’équipes communautaires capables d’identifier les leaders influents, d’analyser les résistances socioculturelles et d’accompagner les changements de comportement nécessaires à l’émancipation féminine.

Cependant, les responsables du projet ont relevé un défi important : l’absence d’une base de données fiable recensant les relais communautaires actifs dans les différentes localités. Pour y faire face, une opération de recensement et de recrutement des relais communautaires a été engagée avant leur formation et leur dotation en outils de sensibilisation.

Cette activité s’inscrit dans la Sous-composante 3.2 du Projet Maïngo, consacrée à la promotion du changement comportemental positif. À travers cette initiative, le projet entend lutter contre plusieurs pratiques néfastes telles que les mariages précoces, les violences conjugales, les mutilations génitales féminines ainsi que la non-scolarisation des filles.

Les organisateurs estiment que ces phénomènes sont souvent entretenus par certaines pesanteurs socioculturelles et parfois renforcés par l’influence de leaders religieux ou de chefs traditionnels au sein des communautés.

Pour soutenir cette dynamique, l’Unité de Gestion du Projet (UGP) a engagé un processus de renforcement des capacités des acteurs locaux impliqués dans la mise en œuvre et le suivi des campagnes de communication axées sur le changement des normes sociales et comportementales.

À l’issue de cette formation, les Directeurs régionaux, Chefs de services préfectoraux et Chefs de secteurs du ministère en charge du genre, en collaboration avec l’AFJC, seront chargés de déployer et superviser les relais communautaires dans leurs zones respectives afin d’assurer l’efficacité des activités de sensibilisation sur le terrain.

Source lanoca