
BANGUI, le 15 septembre 2026 (Centra-News)—
Une mission conjointe d’évaluation de la gestion des armes et des munitions (GAM) s’est ouverte mardi à Bangui, avec pour objectif d’examiner les capacités, les procédures et les mécanismes nationaux en la matière dans le contexte du processus de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Réinsertion (DDRR). Les travaux, prévus du 15 au 18 septembre à l’hôtel Two Seasons, doivent aboutir à des recommandations visant à renforcer la sécurité, le contrôle et la traçabilité des armes et des munitions en République centrafricaine.
Conduite par le Centre international de Bonn pour les études sur les conflits (BICC), cette mission est organisée avec le Centre régional sur les armes légères (RECSA), l’Union africaine et les Nations unies, dans le cadre du programme PAVE (Preventing and Addressing Violent Extremism).
L’évaluation doit notamment permettre de mesurer les progrès réalisés depuis l’évaluation de référence menée en 2022 et d’identifier les insuffisances institutionnelles, opérationnelles et techniques qui persistent dans le système national de gestion des armes et des munitions.
Elle s’appuie également sur la feuille de route régionale du RECSA sur la gestion des armes et des munitions dans les contextes de DDR, adoptée en 2024.
Des recommandations attendues
Les participants doivent examiner les progrès réalisés dans les dix domaines fonctionnels de la GAM, notamment les mécanismes de stockage, d’enregistrement, de contrôle et de traçabilité des armes et des munitions.
La mission doit également permettre d’identifier les infrastructures et les capacités nécessitant un renforcement, tout en formulant des recommandations destinées aux différentes parties prenantes, aux niveaux stratégique, politique, technique et opérationnel.
À l’ouverture des travaux, le ministre d’État, directeur de Cabinet du président de la République, Obed Namsio, a appelé les participants à faire preuve de transparence et de disponibilité afin de permettre une évaluation objective du dispositif existant.
« L’objectif de cette évaluation n’est pas de rechercher des responsabilités individuelles, mais de dresser un état des lieux objectif, de capitaliser les bonnes pratiques, d’identifier les insuffisances et de proposer des solutions », a-t-il déclaré.
Pour le membre du gouvernement, les conclusions de la mission devraient permettre au gouvernement de disposer d’une feuille de route claire et adaptée au contexte centrafricain.
La COMNAT-ALPC plaide pour le renforcement des capacités nationales
Le président de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre (COMNAT-ALPC), Benjamin Saraganza, considère cette évaluation comme une étape nécessaire pour mesurer les résultats obtenus avec l’appui des partenaires internationaux. « Dans tout processus, il faut s’arrêter un moment, faire le bilan, évaluer et faire le suivi en même temps », a-t-il expliqué.
Selon lui, cette consultation doit permettre de rendre compte des actions réalisées avec le soutien des partenaires et de dégager de nouvelles orientations pour la poursuite du processus de paix et de sécurisation du pays.
Benjamin Saraganza a rappelé que le processus de DDRR avait permis de récupérer des armes auprès des 14 groupes armés signataires de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR). « Le processus de DDRR consistait à récupérer ces armes des mains des 14 groupes armés signataires de l’APPR, ce qui est déjà fait », a-t-il indiqué.
La COMNAT-ALPC poursuit toutefois son intervention auprès d’autres détenteurs d’armes, notamment les groupes d’autodéfense et certains particuliers. « Nous devons monter en puissance »
Le responsable de la COMNAT-ALPC estime par ailleurs que la République centrafricaine doit progressivement renforcer ses propres capacités en matière de sécurisation du territoire, notamment dans un contexte de réorganisation de la présence internationale.
Il a salué l’appui de la communauté internationale, particulièrement celui de la MINUSCA, tout en appelant les acteurs nationaux à se préparer à assumer davantage de responsabilités. « Il faudrait que nous, fils du pays, on monte aussi en puissance pour être capables, le moment venu, de nous occuper nous-mêmes de notre pays », a-t-il souligné.
La formation des acteurs nationaux et le renforcement des compétences constituent, selon lui, des conditions importantes pour permettre au pays de mieux assurer la gestion et la sécurisation des armes et des munitions.
À l’issue des travaux, les recommandations de la mission devraient servir de base au renforcement des capacités nationales et à une meilleure intégration de la gestion des armes et des munitions dans le processus de DDRR.
Vivien de Capistran Nvalé










