Centrafrique : une crise de leadership secoue le Conseil supérieur islamique

Bangui, le 11 juillet 2026 (Centra-News )—

Le Conseil supérieur islamique de Centrafrique (CSISCA) traverse une profonde crise de gouvernance. Alors qu’un Bureau exécutif national, présidé par l’Imam Abdoulaye Ouasselegue, affirme avoir été élu lors d’une Assemblée générale tenue le 30 décembre 2025, un autre camp dirigé par le président sortant, Ahamat Deleris, a ouvert une nouvelle Assemblée générale élective le 10 juillet 2026 à Bangui, malgré les réserves exprimées par les autorités.

Deux bureaux revendiquent la légitimité

Le Bureau exécutif national conduit par l’Imam Abdoulaye Ouasselegue soutient avoir été élu au cours de la 5ᵉ Assemblée générale ordinaire et élective organisée le 30 décembre 2025 à la mosquée de Yapélé, à Bangui. Cette élection s’était déroulée en présence de plusieurs membres du Gouvernement, de responsables religieux, de personnalités nationales ainsi que de représentants des communautés musulmanes venus de différentes régions du pays.

Selon ce bureau, son mandat consiste à conduire les activités du CSISCA dans le respect de sa mission religieuse, avec pour priorités la promotion de la paix, du dialogue interreligieux et de la cohésion sociale.

Une nouvelle Assemblée générale contestée

En parallèle, le bureau sortant dirigé par Ahamat Deleris a lancé, le vendredi 10 juillet, une autre 5ᵉ Assemblée générale élective à la mosquée Ali Babolo de Bangui. Les travaux doivent se poursuivre jusqu’au 12 juillet.Cette initiative est contestée par les partisans du bureau présidé par l’Imam Abdoulaye Ouasselegue, qui considèrent que le CSISCA dispose déjà d’une direction légitimement élue.

Le ministère appelle au dialogue

À la veille de l’ouverture de cette nouvelle Assemblée générale, le ministère de l’Administration du territoire avait réuni les deux camps afin de tenter de désamorcer la crise. Selon plusieurs sources, le département ministériel avait demandé au bureau sortant de surseoir à l’organisation de cette Assemblée générale, le temps de parvenir à un consensus.

Parmi les pistes évoquées figuraient l’organisation d’une nouvelle Assemblée générale consensuelle ou la reconnaissance du bureau déjà élu, assortie d’un mécanisme d’ouverture permettant d’associer les autres parties.

Malgré cette recommandation, le président sortant Ahamat Deleris a maintenu l’ouverture des travaux de l’Assemblée générale ce vendredi.

Un arbitrage attendu des autorités

La coexistence de deux bureaux revendiquant la direction du Conseil supérieur islamique de Centrafrique accentue les tensions au sein de la communauté musulmane. L’issue de cette crise dépend désormais de l’arbitrage des autorités compétentes, appelées à trouver une solution susceptible de rétablir l’unité et d’assurer le fonctionnement normal de cette institution religieuse.

Dieu-Beni Bozo