
BANGUI, le 27 juillet 2027 (Centra-News )—
L’Université de Bangui organise, du 27 au 30 juillet 2026, un séminaire de formation et d’information destiné aux doctorants. Cette rencontre scientifique, placée sous le thème « L’intelligence artificielle dans la recherche scientifique : risques et enjeux », vise à renforcer les capacités des jeunes chercheurs en méthodologie de recherche, rédaction scientifique et usage responsable des outils numériques.
L’activité s’inscrit dans le cadre des efforts engagés pour renforcer les écoles doctorales de l’Université de Bangui. Elle bénéficie de l’appui de l’Ambassade de France en République centrafricaine et de la participation d’enseignants-chercheurs venus notamment du Cameroun et de la République démocratique du Congo.
À l’ouverture du séminaire, le recteur et vice-chancelier de l’Université de Bangui, le professeur Gérard Gresenguet, a souligné l’importance de cette réflexion à l’heure où l’intelligence artificielle transforme profondément les méthodes de production, de diffusion et de valorisation des connaissances.

Selon lui, l’intelligence artificielle offre de nombreuses opportunités aux chercheurs, notamment dans la recherche documentaire, le traitement des données, la traduction scientifique, la modélisation et l’analyse.
Toutefois, son utilisation soulève également plusieurs défis liés à l’intégrité scientifique, à l’authenticité des travaux académiques, à la propriété intellectuelle, à la protection des données et aux biais algorithmiques.
« L’intelligence artificielle ne saurait remplacer l’intelligence humaine. Elle doit rester un instrument au service du chercheur et non se substituer à son jugement, à sa créativité ou à son esprit critique », a déclaré le recteur de l’Université de Bangui.
Dans le domaine des sciences juridiques et politiques, cette question revêt une importance particulière, notamment en ce qui concerne la fiabilité des informations générées par les algorithmes, la rigueur du raisonnement juridique et la qualité de l’analyse scientifique.
Pour le directeur de l’École doctorale des sciences juridiques et politiques, Augustin Kongatoua, l’objectif est également de prévenir les risques liés au plagiat et à l’utilisation abusive de l’intelligence artificielle dans la rédaction des thèses et des articles scientifiques.
« Aujourd’hui, nos jeunes ont tendance à faire du plagiat, ce qu’on appelle généralement le copier-coller. Avec l’intelligence artificielle, les risques se sont aggravés, car certains logiciels peuvent produire rapidement des contenus qui semblent répondre aux attentes de l’utilisateur », a-t-il expliqué.
Il appelle ainsi les doctorants à utiliser l’intelligence artificielle comme un outil d’appui et non comme un substitut à leur propre réflexion. « C’est un outil au service de l’être humain. Mais l’être humain ne doit pas se laisser conduire entièrement par l’intelligence artificielle. On peut y recourir pour mieux comprendre un sujet, mais c’est l’intelligence humaine qui doit réaliser le travail d’analyse et tirer les conclusions », a précisé Augustin Kongatoua.

Au cours de ce séminaire, plusieurs thématiques liées à la recherche scientifique seront abordées, notamment la rédaction d’une thèse, la publication d’articles scientifiques, la méthodologie de recherche ainsi que la préparation et la présentation d’une soutenance devant un jury.
Les responsables de l’École doctorale attendent des participants qu’ils s’approprient ces enseignements afin de produire des travaux de recherche fondés sur la rigueur scientifique, l’originalité et l’analyse personnelle.L’Université de Bangui prévoit de poursuivre ce type d’activités.
Selon le directeur de l’École doctorale des sciences juridiques et politiques, des séminaires seront organisés régulièrement, notamment deux fois par année académique, afin de renforcer de manière continue la formation et l’accompagnement des doctorants.
À travers cette initiative, l’Université de Bangui entend adapter la formation doctorale aux mutations technologiques actuelles, tout en veillant à préserver les exigences fondamentales de la recherche scientifique : l’intégrité, la rigueur, l’esprit critique et la responsabilité du chercheur.
Vivien de Capistran Nvalé










