
Bangui, le 24 juillet 2026 (Centra-News )—
Le projet « Actrices du changement : autonomisation des femmes et mobilisation communautaire pour l’égalité et la paix » a permis de toucher directement et indirectement 9 552 personnes en République centrafricaine. Le bilan de cette initiative a été présenté ce vendredi au Centre diocésain de la famille, à Bangui, à l’occasion de l’atelier de capitalisation et de clôture du projet.
Mis en œuvre pendant douze mois par DanChurchAid (DCA), en partenariat avec le Centre d’assistance technique et de développement communautaire (CATDEC) et la Fondation VEGAS Jeunes pour le Développement (FVJD), le projet a bénéficié du financement de l’Ambassade de France en République centrafricaine, à travers le Fonds Équipe France.
La rencontre, organisée du 22 au 24 juillet, a réuni des représentants du Gouvernement, des autorités locales, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile, des leaders communautaires et religieux, des bénéficiaires ainsi que des professionnels des médias. Elle a permis de présenter les résultats obtenus, les leçons apprises et les perspectives de pérennisation des acquis du projet, mis en œuvre à Bangui, Bégou-Landja, Sibut, Ngoumbélé et dans les localités environnantes.
Selon les résultats présentés, 100 % des activités programmées ont été réalisées et l’ensemble des indicateurs de performance atteints. Le projet a notamment permis de mobiliser 225 jeunes autour des questions de leadership, de citoyenneté et de consolidation de la paix. Cent jeunes femmes ont également été formées et accompagnées dans le développement d’activités génératrices de revenus.
Le projet a par ailleurs renforcé les capacités de 16 organisations de la société civile et permis le financement et la mise en œuvre de 10 microprojets communautaires. À cela s’ajoutent la formation de 75 jeunes volontaires engagés dans les actions communautaires, le renforcement de 166 autorités locales, leaders communautaires et religieux sur les questions d’égalité de genre et de cohésion sociale, ainsi que l’accompagnement de 80 participants à travers l’approche EMAP (Engaging Men through Accountable Practice), destinée à promouvoir la masculinité positive.
Les activités de sensibilisation ont également touché 2 220 élèves et enseignants sur les stéréotypes liés au genre, ainsi que 7 077 parents et membres des communautés sur l’égalité entre les femmes et les hommes, l’autonomisation des femmes et la masculinité positive. Environ 2 400 personnes supplémentaires ont été sensibilisées à travers 25 activités communautaires, portant à 9 552 le nombre total de personnes touchées par le projet.
Pour Appora-Gnekindy Joë, chef du projet, cette initiative a contribué à faire évoluer les mentalités et à renforcer la participation des femmes dans la vie communautaire.« Le projet Actrices du changement nous a permis d’obtenir de véritables changements dans les communautés, notamment à Bangui et dans la Kémo. Il a contribué à lutter contre les stéréotypes de genre, à favoriser l’autonomisation économique des femmes et à promouvoir leur émancipation », a-t-il expliqué.
Il souligne également l’impact de l’approche axée sur la masculinité positive. « Nous avons reçu plusieurs témoignages d’hommes qui, auparavant, ne participaient pas aux tâches ménagères, mais qui aujourd’hui aident leurs épouses à s’occuper des enfants, à puiser de l’eau ou encore dans les activités quotidiennes. Cela montre que les mentalités commencent à changer », a-t-il ajouté.
Le projet a également permis à de nombreuses femmes de renforcer leur leadership et leur autonomie économique. Amandine Service, bénéficiaire à Sibut, témoigne de l’impact de l’accompagnement reçu : « Grâce à ce projet, DCA et la Fondation VEGAS nous ont aidées à développer nos activités génératrices de revenus. J’avais une petite cafétéria, mais aujourd’hui, j’ai pu agrandir mon activité et proposer davantage de produits. »
Financé à hauteur de 500 000 euros par l’Ambassade de France en République centrafricaine, le projet n’a toutefois pas été exempt de difficultés. La période électorale a notamment constitué un défi pour la mise en œuvre des activités de sensibilisation de masse.
« Pendant la période électorale, certaines activités de sensibilisation de masse n’étaient pas autorisées pour les organisations humanitaires. Cela a eu un impact sur notre calendrier. Nous avons donc dû revoir notre planification afin de rattraper le retard et atteindre finalement tous les objectifs fixés », a expliqué le chef de projet.
Au-delà des résultats chiffrés, les partenaires estiment que le projet a contribué à renforcer les organisations de la société civile, à promouvoir le leadership féminin, à accroître la participation des jeunes aux initiatives de paix et à faire progressivement évoluer les perceptions sur l’égalité entre les femmes et les hommes.
Les organisateurs espèrent désormais que les acquis du projet seront maintenus grâce aux organisations locales renforcées, aux jeunes leaders, aux femmes entrepreneures, aux groupes d’épargne communautaire et aux différents réseaux créés dans les zones d’intervention.
DanChurchAid a exprimé sa gratitude à l’Ambassade de France pour son soutien, ainsi qu’aux autorités nationales et locales, à CATDEC, à la Fondation VEGAS Jeunes pour le Développement, aux organisations de la société civile, aux leaders communautaires, aux médias et à l’ensemble des participants ayant contribué à la mise en œuvre du projet.










