Centrafrique : LE CALME REVIENT APRÈS DES VIOLENCES DÉCLENCHÉES PAR L’ASSASSINAT D’UN VILLAGEOIS

BOALI, le 15 juillet 2026 (Centra-News)—

Le calme est progressivement revenu à Boali après les violences survenues le mardi 14 juillet 2026, à la suite de l’assassinat d’un habitant du village de Ngonza, situé dans la commune de Boali. L’intervention des autorités locales, notamment du député de la circonscription, Davy Bounguinza, appuyées par les forces de défense et de sécurité, a permis d’apaiser la situation.

Selon les informations recueillies, la victime, Armel, âgé d’une trentaine d’années, père de sept enfants et pêcheur de profession, aurait été tuée par un groupe d’hommes armés assimilés à des éleveurs peuls. Ces derniers, estimés à une vingtaine, seraient impliqués depuis plusieurs semaines dans des actes de racket, de torture et de prises d’otages contre les populations de la région.

D’après les témoignages, les assaillants se sont rendus au domicile d’Armel pour l’obliger à leur indiquer un couloir de transhumance. À son retour des champs, l’homme aurait été contraint de les guider jusqu’à l’itinéraire recherché. Une fois sur place, alors qu’il tentait de regagner son village, il aurait été abattu d’une balle. Son épouse, qui suivait discrètement le groupe, a assisté à la scène avant de donner l’alerte.

Informés du drame, les habitants ont transporté le corps de la victime jusqu’à la mairie de Boali afin d’interpeller les autorités locales. L’émotion suscitée par ce meurtre a rapidement dégénéré en mouvement de colère. Des individus auraient alors incité une partie de la foule à s’en prendre à des biens appartenant à des membres de la communauté musulmane.

Le bilan provisoire fait état de six personnes blessées. Une mosquée a été partiellement vandalisée, sa toiture endommagée, tandis que deux habitations ont subi des dégradations, notamment des fenêtres arrachées. Une cuisine en toiture de paille a également été incendiée.

Alerté par la situation, le député de Boali, Davy Bounguinza, a quitté Bangui en urgence pour rejoindre sa circonscription. Aux côtés des autorités administratives et locales, il a rencontré les habitants afin de les appeler au calme et à la retenue. Les responsables se sont également rendus auprès des familles musulmanes touchées par les violences pour leur apporter leur soutien et leur garantir des mesures de protection.

Grâce au renforcement du dispositif sécuritaire, plusieurs familles ont pu regagner leurs domiciles, tandis que d’autres, encore sous le choc, ont été mises à l’abri en attendant la réhabilitation de leurs habitations endommagées.

Selon des informations issues des premières investigations, certains présumés instigateurs des violences seraient des personnes occupant encore des biens appartenant à des musulmans et qui craindraient de devoir les restituer. Les enquêtes se poursuivent afin d’établir les responsabilités.

Les forces de défense et de sécurité, renforcées par une équipe d’intervention dépêchée depuis Bangui, demeurent déployées à Boali pour prévenir tout nouvel incident. Des sources locales indiquent par ailleurs que des signes de tension avaient été signalés avant les événements, ce qui soulève des interrogations sur les mesures préventives qui auraient pu être prises pour éviter cette escalade de violence.

Mireille Mourouba