
BANGUI, le 8 octobre 2026 (Centra-News)—
Le processus de planification de la nouvelle phase de financement Gavi 6.0 a été officiellement lancé en République centrafricaine. Réunis autour du ministère de la Santé et de la Population, les représentants de Gavi, de la Fondation Gates, de l’OMS, de l’UNICEF ainsi que les partenaires techniques et financiers entendent renforcer le programme élargi de vaccination et réduire les inégalités d’accès aux vaccins.
Pour les partenaires, la vaccination ne se résume pas à l’administration d’une dose. Elle repose sur toute une chaîne d’acteurs et de mécanismes, depuis l’agent de santé et l’agent communautaire jusqu’à la chaîne d’approvisionnement, la chaîne du froid et le système d’information permettant d’identifier les enfants encore non vaccinés.
« À la fin, ce qui compte, ce n’est qu’une seule chose : que chaque enfant de la Centrafrique soit protégé », a souligné une représentante de l’Alliance Gavi, appelant les acteurs nationaux à placer leur connaissance du terrain au cœur de la future demande de financement.
Des choix stratégiques face à la raréfaction des ressources
Le représentant par intérim de l’OMS a insisté sur la nécessité de considérer Gavi 6.0 non seulement comme une opportunité de financement, mais surtout comme un levier pour renforcer le leadership national et améliorer durablement les performances du programme élargi de vaccination.
Dans un contexte marqué par la raréfaction des ressources et les difficultés persistantes du système de santé, les partenaires appellent à concentrer les investissements sur les populations les plus vulnérables, notamment celles vivant dans les zones rurales, enclavées, difficiles d’accès ou confrontées à des contraintes sécuritaires et à une forte mobilité.
« Aucun enfant ne devrait être laissé de côté à raison de son lieu de naissance, de résidence ou des difficultés d’accès aux services de santé », a-t-il déclaré.
Le responsable de l’OMS a également appelé les partenaires à s’interroger sur l’efficacité des interventions menées jusqu’ici, alors que la République centrafricaine continue de faire face à une mortalité élevée et à la récurrence de maladies à potentiel épidémique.
Il a plaidé pour des innovations fondées sur les évidences et orientées vers des résultats sanitaires concrets, tout en soulignant le rôle du groupe consultatif sur la vaccination dans la qualité et la crédibilité des recommandations nationales.

Des progrès, mais des défis persistants
Au cours de l’atelier, les partenaires ont reconnu les progrès enregistrés ces dernières années grâce à la collaboration entre le gouvernement centrafricain, Gavi, l’UNICEF, l’OMS et les autres acteurs nationaux et internationaux.
Davantage d’enfants ont ainsi accès à la vaccination et les capacités du système de santé se renforcent progressivement. Toutefois, d’importantes difficultés persistent, notamment les inégalités géographiques, les contraintes logistiques, les crises humanitaires récurrentes et les difficultés d’accès aux soins de santé primaires.
Ces contraintes continuent de favoriser la survenue d’épidémies de maladies évitables par la vaccination, notamment la rougeole, la poliomyélite et la fièvre jaune.L’UNICEF fixe trois priorités
Pour l’UNICEF, la nouvelle phase de Gavi doit s’articuler autour de trois priorités majeures : atteindre chaque enfant partout, renforcer les systèmes de santé et la chaîne d’approvisionnement, et investir davantage dans les communautés et les agents de santé.
L’objectif est notamment de garantir la disponibilité des vaccins jusque dans les zones les plus reculées et de renforcer la confiance des populations envers la vaccination.
Les partenaires estiment que la mobilisation communautaire demeure essentielle pour assurer une adhésion durable aux programmes de vaccination.Une nouvelle étape pour la couverture sanitaire
À travers Gavi 6.0, les partenaires veulent ainsi aller au-delà de la seule vaccination pour contribuer au renforcement global du système de santé centrafricain.
Les échanges engagés dans le cadre de ce processus doivent permettre de définir des priorités « claires, ambitieuses et réalistes », fondées sur les besoins des populations et les enseignements tirés des expériences précédentes.
Pour les partenaires réunis à Bangui, l’enjeu reste le même : réduire les inégalités d’accès à la vaccination et faire en sorte qu’aucun enfant centrafricain ne soit privé de la protection offerte par les vaccins en raison de son lieu de résidence ou de sa situation.










