
Bangui, le 7 octobre 2026 (Centra-News )—
Un pavillon entièrement dédié à la prise en charge de l’épilepsie a été inauguré ce mercredi à l’Hôpital général de Bangui, dans le cadre du programme DREAM de la Communauté de Sant’Egidio. Cette nouvelle structure entend améliorer l’accès aux soins neurologiques et combattre les préjugés qui entourent encore cette maladie en République centrafricaine.
La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence du ministre de la Santé et de la Population, Dr Pierre Somse, des responsables de la Communauté de Sant’Egidio, des partenaires techniques et financiers ainsi que du personnel médical.
Pour le ministre de la Santé, cette réalisation constitue le fruit du partenariat entre la République centrafricaine, la Communauté de Sant’Egidio et l’Italie. « Une joie indescriptible », a déclaré Dr Pierre Somse, qui a salué l’engagement des différents partenaires dans le développement de la prise en charge de l’épilepsie.

Selon lui, ce partenariat a également permis de renforcer une véritable « diplomatie sanitaire » entre la RCA, Sant’Egidio et l’Italie, notamment à travers la coopération scientifique avec l’Institut neurologique BESTA de Milan.
L’épilepsie, une maladie qui se soigneAu-delà de l’inauguration du bâtiment, le ministre de la Santé a insisté sur la nécessité de déconstruire les croyances qui entourent encore l’épilepsie en Centrafrique. « L’épilepsie est une maladie comme les autres », a-t-il affirmé, rappelant qu’elle n’est ni contagieuse ni liée à la sorcellerie ou à un quelconque mauvais sort.
Dr Pierre Somse appelle ainsi les personnes souffrant de cette pathologie à se rendre dans ce centre où les soins sont entièrement gratuits. « Ils ne seront pas accueillis comme des malades. Ils seront accueillis comme des personnes », a-t-il souligné, mettant en avant la dimension humaine de la prise en charge.
Pour le ministre, le traitement ne doit donc pas se limiter à la distribution de médicaments. Il doit également permettre aux patients de retrouver leur dignité, leur confiance en eux-mêmes et leur place dans la société.

Plus de 75 % des patients libérés des crises
La cheffe de mission Santé de Sant’Egidio pour le programme DREAM, Gabriella Bortolot, a expliqué que la prise en charge de l’épilepsie est née de l’écoute des patients accueillis initialement à la clinique DREAM située en face de l’Assemblée nationale.
Au fil des années, les équipes ont constaté une augmentation du nombre de personnes souffrant d’épilepsie. L’espace disponible étant devenu insuffisant, Sant’Egidio a sollicité auprès du ministère de la Santé un espace spécifiquement consacré à cette maladie.
« Cette maladie mérite, au-delà de tout, un espace spécifique », a-t-elle expliqué, estimant que l’épilepsie touche de nombreuses familles centrafricaines.
D’après Gabriella Bortolot, plus de 75 % des patients pris en charge sont aujourd’hui libérés des crises. Pour les autres, notamment les personnes présentant des handicaps sévères, la fréquence des crises peut néanmoins être considérablement réduite.

Certains patients qui connaissaient auparavant plusieurs crises par mois peuvent ainsi n’en subir qu’une seule. Pour les enfants, cette amélioration signifie notamment un retour à l’école, tandis que les adultes peuvent reprendre une activité professionnelle et une vie familiale normale.
Plus de 2 000 examens EEG réalisés
Depuis juin 2021, le programme DREAM dispose d’un appareil d’électroencéphalographie (EEG), permettant d’améliorer le diagnostic et le suivi des patients épileptiques. Plus de 2 000 examens EEG ont déjà été réalisés.
Le centre dispose également de molécules spécifiques pour le traitement de l’épilepsie, disponibles aussi bien en formulations pédiatriques que pour les adultes. La prise en charge médicale est entièrement gratuite.
L’équipe socio-sanitaire du nouveau pavillon compte actuellement 12 professionnels formés par des spécialistes à la prise en charge de l’épilepsie.Une coopération médicale entre la RCA et l’Italie
La réalisation du Pavillon DREAM a été rendue possible grâce à la collaboration entre le ministère de la Santé et de la Population, le CNHUB, l’Institut neurologique BESTA de Milan et la Société italienne de neurologie (SIN).

Le projet a bénéficié du financement de l’Agence italienne de la coopération au développement à travers les projets AID et AID, ainsi que du soutien de la Fondation Mariani.
À travers ce nouveau pavillon, les promoteurs veulent faire de la prise en charge de l’épilepsie un modèle de soins associant expertise médicale, gratuité, accompagnement humain et restauration de la dignité des patients.
« Ne laisser personne de côté », tel est d’ailleurs le message porté par ce centre, qui veut offrir aux personnes vivant avec l’épilepsie une nouvelle chance de retrouver une vie sociale, scolaire et professionnelle normale.
Vivien de Capistran Nvalé










