Centrafrique : le Consortium OGDC et I_GWÉ appellent à une journée « ville morte » contre la hausse du prix du carburant

BANGUI, le 8 octobre 2026 (Centra-News)—

Le Consortium des Organisations de la Société civile et la plateforme I_GWÉ appellent à une mobilisation générale contre la récente hausse des prix des hydrocarbures en République centrafricaine. Réunis avec la presse ce jeudi 8 octobre à Bangui, les responsables de ces organisations ont annoncé une journée « ville morte » prévue le lundi 12 octobre 2026, de 4 heures à 17 heures.

Cette mobilisation intervient quelques jours après l’entrée en vigueur de la nouvelle grille tarifaire des hydrocarbures. Le prix du litre d’essence est passé de 1 050 à 1 150 FCFA pour les particuliers, tandis que celui du gasoil est fixé à 1 400 FCFA, contre 1 250 FCFA auparavant.

Pour le Consortium OGDC et I_GWÉ, cette décision gouvernementale a été prise sans une concertation suffisante avec les différentes composantes de la société. Les organisations estiment que cette hausse risque d’accentuer les difficultés économiques auxquelles sont confrontés les ménages centrafricains.

« Il s’agit d’une décision qui a été prise sans concertation des différentes parties. Le gouvernement a donc choisi d’ignorer la situation chaotique du peuple », a déclaré le coordonnateur de la plateforme I_GWÉ, Ngouando.

Une mobilisation annoncée pour le 12 Octobre

face à cette situation, les deux organisations invitent la population à observer une journée « ville morte » le lundi 12 octobre, de 4 heures à 17 heures.

L’appel concerne notamment les fonctionnaires, les commerçants, les étudiants, les conducteurs de taxis et de motos-taxis ainsi que les autres usagers directement affectés par la hausse du coût du carburant.

À travers cette action, le Consortium OGDC et I_GWÉ entendent exprimer leur désaccord avec la nouvelle tarification et demander aux autorités de revoir leur décision.Trois principales exigences adressées au gouvernementÀ l’issue de leur rencontre avec la presse, les organisations de la société civile ont formulé plusieurs recommandations à l’endroit du gouvernement.

Elles exigent d’abord le retrait de la nouvelle hausse des prix des hydrocarbures, avec un retour à un niveau inférieur à 900 FCFA le litre, selon leur proposition.

Elles demandent ensuite l’ouverture d’un cadre de concertation transparent réunissant les acteurs économiques du secteur pétrolier, les organisations de la société civile, les syndicats et les usagers.

Enfin, elles réclament la publication détaillée de la structure des prix du carburant, notamment les différentes taxes, les marges appliquées et les coûts réels d’approvisionnement.

Une hausse qui pèse sur l’économie

La nouvelle tarification intervient quelques jours après la rentrée scolaire 2026-2027, dans un contexte économique déjà difficile pour de nombreux ménages.

La hausse du prix des hydrocarbures fait également craindre une augmentation des coûts du transport, des marchandises et de plusieurs services. Le gouvernement, de son côté, justifie cette mesure par les contraintes liées à l’approvisionnement et au poids des subventions sur les finances publiques. Le président Faustin-Archange Touadéra a notamment appelé la population à la patience et au dialogue face aux conséquences de cette décision.

Le mot d’ordre lancé pour le 12 octobre constitue ainsi une nouvelle étape dans la contestation de la hausse des prix du carburant en République centrafricaine.

Benicia Gazambeti