Centrafrique : plus de 80 officiers de police judiciaire bénéficient d’une formation de mise à niveau à Bangui

BANGUI, le 6 novembre 2026 (Centra-News)—

Plus de 80 commissaires et officiers de police judiciaire (OPJ) de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale ont bénéficié de deux sessions de formation consacrées au renforcement de leurs compétences en matière de police judiciaire. La cérémonie officielle de clôture des troisième et quatrième sessions s’est tenue ce vendredi 6 novembre 2026 à Bangui, à l’issue de deux semaines de formation pour chaque groupe.

Organisée dans le cadre du partenariat entre le gouvernement centrafricain et l’ambassade de France, avec l’appui d’Expertise France et de l’Alliance française de Bangui, cette formation s’est déroulée en deux phases : du 5 au 16 octobre, puis du 25 octobre au 6 novembre 2026. Elle vise notamment à actualiser les connaissances des OPJ déjà en fonction et à harmoniser les pratiques professionnelles au sein des forces de sécurité intérieure.

Prenant la parole à cette occasion, Karim Tazi, conseiller du directeur général de la Police nationale et responsable de la formation, a souligné que cette initiative répond à la nécessité d’éviter un décalage de compétences entre les anciens officiers et les personnels récemment formés. Selon lui, l’objectif est de construire une culture judiciaire commune fondée sur la maîtrise des textes, la rigueur professionnelle et le respect des droits fondamentaux.

Les enseignements ont notamment porté sur le droit pénal, la procédure pénale, la rédaction des actes judiciaires, la prise en charge des victimes ainsi que les relations professionnelles entre les officiers de police judiciaire, les magistrats et les services du parquet. La déontologie et le respect des libertés individuelles ont également occupé une place importante dans le programme.

Pour Karim Tazi, l’enjeu de cette remise à niveau dépasse la simple actualisation des connaissances. Il s’agit surtout de traduire les acquis de la formation en améliorations concrètes dans les pratiques quotidiennes. Il a, à cet effet, insisté sur la nécessité d’étendre ce dispositif aux chefs de service, aux commissaires adjoints et aux responsables des unités exerçant des activités judiciaires.

Au nom des participants, les stagiaires ont exprimé leur reconnaissance au gouvernement centrafricain, aux autorités hiérarchiques de la Police nationale ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers pour leur contribution à cette initiative. Ils se sont engagés à mettre en pratique les connaissances acquises afin de contribuer à une police judiciaire plus professionnelle et respectueuse des lois.

Ils ont toutefois formulé plusieurs recommandations pour améliorer les prochaines sessions. Celles-ci portent notamment sur l’allongement de la durée des formations, le renforcement des exercices pratiques, la mise à disposition de documents juridiques indispensables et l’équipement des unités de police judiciaire en matériels informatiques et techniques, notamment des ordinateurs, appareils photo et enregistreurs. Les participants ont également plaidé pour la mise en place d’un mécanisme de suivi et d’évaluation post-formation afin de mesurer l’application des acquis sur le terrain.

Du côté français, Catherine MANCIP, chargée d’affaires par intérim de l’ambassade de France à Bangui, a réaffirmé l’importance de la formation des forces de l’ordre dans le processus de consolidation de l’État de droit. Elle a rappelé que le respect des règles et des procédures constitue un élément essentiel de la crédibilité des institutions policières et de la justice.

« Sans police républicaine, il n’y a point de justice, et sans justice, il ne peut y avoir de paix sociale », a-t-elle souligné, avant de saluer la formation de plus de 80 commissaires et officiers de police au cours de ces dernières sessions. Elle a également évoqué la perspective de l’adoption des nouveaux Codes pénal et de procédure pénale, qui rend nécessaire l’actualisation permanente des connaissances des personnels concernés.

Pour sa part, le représentant d’Expertise France a insisté sur la place stratégique des OPJ dans la chaîne pénale. Il a assuré que son institution entend poursuivre son accompagnement, en partenariat avec l’ambassade de France, afin de développer des formations adaptées aux besoins exprimés par les forces de sécurité intérieure.

Représentant le directeur général de la Police nationale, le contrôleur général Maxime Senga, directeur des études et de la planification stratégique, a inscrit cette initiative dans la politique de modernisation et de professionnalisation des forces de police. Il a rappelé qu’en 2026, avec l’appui de la mission EUTM, 300 officiers de police judiciaire ont été formés, à raison de 150 pour la Police nationale et 150 pour la Gendarmerie nationale.

Il a toutefois estimé que la formation initiale des nouveaux OPJ devait nécessairement s’accompagner d’un dispositif de recyclage destiné aux personnels déjà en fonction. Cette approche vise à éviter une disparité de compétences entre les générations d’officiers et à garantir une meilleure harmonisation des méthodes d’enquête.

À travers cette initiative, les autorités policières et leurs partenaires entendent contribuer à l’amélioration de la qualité des enquêtes judiciaires, à la réduction des irrégularités procédurales et au renforcement de la confiance entre les services d’enquête, les autorités judiciaires et les citoyens. La cérémonie s’est achevée par la remise des attestations aux participants et une photo de famille.