Centrafrique : le HCC dénonce l’usage abusif de l’intelligence artificielle pour la désinformation

Bangui, le 12 juin 2026 (Centra-News)—

Le président du Haut Conseil de la Communication (HCC), José Richard Pouambi, a exprimé sa vive préoccupation face à la multiplication des contenus manipulés générés par l’intelligence artificielle (IA), notamment les « deepfakes », utilisés selon lui pour discréditer les autorités centrafricaines et alimenter la désinformation.

Dans un point de presse ce mercredi 10 juin, le responsable du régulateur des médias a dénoncé la prolifération de vidéos truquées montrant des personnalités publiques, notamment le président de la République, le Premier ministre, des membres du gouvernement et des responsables d’institutions, en train de tenir des propos qu’ils n’ont jamais prononcés ou d’apparaître dans des mises en scène trompeuses.

« Nous assistons ces derniers temps à une montée inquiétante de la désinformation, des discours de haine et des appels à la violence, avec comme point culminant l’utilisation des deepfakes », a déclaré José Richard Pouambi.

Selon lui, certains citoyens, y compris des membres de la diaspora et parfois des professionnels des médias, détournent les possibilités offertes par l’intelligence artificielle pour produire et diffuser des contenus mensongers sous couvert de liberté d’expression. Il rappelle toutefois que cette liberté demeure encadrée par la loi et ne saurait justifier les injures, les atteintes à la vie privée ou la manipulation de l’opinion publique.

Face à cette situation, le président du HCC appelle les autorités judiciaires à renforcer la lutte contre la cybercriminalité. Il a notamment demandé au ministère de la Justice d’activer les mécanismes de coopération judiciaire avec les pays étrangers afin de poursuivre les auteurs de contenus illicites opérant depuis l’extérieur du territoire national.

José Richard Pouambi a également sollicité une collaboration renforcée avec l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP). Il préconise notamment un meilleur contrôle de l’identification des détenteurs de cartes SIM afin de limiter la création de comptes anonymes utilisés pour diffuser de fausses informations sur les réseaux sociaux.

Le président du HCC a par ailleurs indiqué que des échanges ont récemment eu lieu avec plusieurs plateformes numériques internationales. Selon lui, des mécanismes de coopération sont en cours afin de permettre le signalement et, le cas échéant, la fermeture des comptes impliqués dans la diffusion de contenus frauduleux.

Tout en reconnaissant les limites de son institution, dont les compétences concernent principalement les professionnels des médias, José Richard Pouambi a insisté sur la nécessité d’une réponse ferme de l’ensemble des acteurs concernés. Il a enfin invité la jeunesse centrafricaine à faire un usage responsable et citoyen des technologies numériques.

« L’intelligence artificielle est un outil de travail, de recherche et d’innovation. Elle ne doit pas être utilisée pour propager la haine, manipuler l’information ou jeter le discrédit sur les institutions », a-t-il conclu.

Vivien de Capistran Nvalé