Centrafrique : À la Cour pénale spéciale, les accusés du dossier « Guen » se toisent

Bangui, le 12 juin 2026 (Centra-News)—

Les débats se sont poursuivis jeudi 11 juin devant la première section de la Chambre d’assises de la Cour pénale spéciale (CPS) dans le cadre du procès de l’affaire dite « Guen ». Cette audience a été marquée par une série de confrontations entre les accusés, un exercice judiciaire destiné à éclaircir les contradictions relevées dans leurs différentes déclarations faites au cours de l’instruction et des audiences publiques.

Durant plusieurs heures, les juges ont confronté les versions des accusés sur leur rôle présumé dans les événements survenus entre février et mars 2014 dans les localités de Guen, Djomo et Gadzi, dans la préfecture de la Mambéré-Kadéï. Les échanges ont parfois été vifs, chacun tentant de rejeter la responsabilité des faits reprochés sur les autres protagonistes du dossier.

Au centre des débats figurait notamment l’accusé Edmond Beina, ancien chef anti-balaka, qui continue de contester les accusations portées contre lui. Face aux interrogations de la Cour et aux déclarations de ses coaccusés, il a maintenu sa ligne de défense, affirmant n’avoir participé à aucun crime contre les populations civiles.

Les confrontations ont permis à la Cour de revenir sur plusieurs points jugés essentiels, notamment la chaîne de commandement des groupes armés, la présence ou non des accusés sur les lieux des attaques et les circonstances dans lesquelles certaines exactions auraient été commises. Les magistrats ont cherché à mettre en évidence les incohérences relevées entre les différentes versions présentées depuis l’ouverture du procès.

Pour les parties civiles, ces confrontations constituent une étape importante dans la manifestation de la vérité. Elles estiment que les échanges entre les accusés permettent de mieux cerner les responsabilités individuelles dans les crimes reprochés. De leur côté, les avocats de la défense soutiennent que les contradictions observées démontrent plutôt la fragilité de certaines accusations et rappellent que leurs clients bénéficient de la présomption d’innocence.

Le procès de l’affaire « Guen », ouvert en octobre 2025, concerne plusieurs accusés poursuivis pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qui auraient été commis dans l’ouest de la République centrafricaine en 2014. Les audiences se poursuivront dans les prochains jours avec de nouvelles confrontations et l’examen d’autres éléments de preuve soumis à la Cour.

Eude Gazambeti