
Bangui, le 01 juillet 2026 (Centra-News)—
Au lendemain de l’assassinat de l’abbé Crépin Monga à Zémio, dans la préfecture du Haut-Mbomou, la plateforme de la société civile Igoui hausse le ton. Son coordonnateur, Quentin Nguendo, estime que ce drame illustre la dégradation continue de la situation sécuritaire dans la région et déplore l’absence de réaction officielle des autorités.
Selon lui, la disparition de l’abbé Crépin Monga constitue une lourde perte pour les efforts de paix dans le Haut-Mbomou. Il rappelle que le religieux présidait le Comité local de paix et de réconciliation et travaillait activement à la promotion du dialogue entre les différentes communautés.
« Nous avons appris cette nouvelle comme un véritable choc. Personne ne s’attendait à un tel drame. L’abbé Crépin n’était pas seulement un homme de Dieu, il était un acteur clé de la paix dans une région déjà fortement fragilisée par les violences », affirme Quentin Nguendo.
Le responsable de la société civile regrette également le silence observé par le gouvernement depuis l’annonce du meurtre. À ses yeux, les autorités auraient dû informer rapidement l’opinion publique nationale et internationale et condamner officiellement cet assassinat.
Pour Quentin Nguendo, ce crime vient confirmer les multiples alertes lancées par les organisations de la société civile depuis plusieurs mois sur la détérioration de la sécurité dans le Haut-Mbomou. Il évoque notamment la prise en otage de quatre agents de l’État depuis le 28 décembre 2025, les incendies de villages, les pillages d’écoles, les déplacements forcés de populations ainsi que les nombreuses attaques enregistrées dans la région.
« Tous ces actes constituent un ensemble de crimes auxquels l’État devrait répondre avec fermeté. Malheureusement, nous ne constatons aucune action concrète », déplore-t-il.
Le coordonnateur d’Igoui estime que cette insécurité croissante risque de décourager les fonctionnaires affectés dans les provinces, faute de garanties suffisantes pour leur protection.
Interrogé sur les enquêtes en cours, Quentin Nguendo affirme que la sécurité dans le Haut-Mbomou est assurée par les instructeurs russes de Wagner, auxquels le président de la République aurait confié la lutte contre les groupes armés dans cette partie du pays. Selon les informations recueillies par son organisation, l’abbé Crépin Monga aurait été mortellement atteint par une balle à la nuque.
Le responsable de la société civile revient également sur les tensions signalées quelques jours auparavant entre des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) et leurs alliés russes, altercation qui aurait coûté la vie à une femme enceinte.
« Cette situation traduit un profond désordre dans le Haut-Mbomou. Comment des partenaires censés travailler ensemble peuvent-ils en arriver à des affrontements ? Nous avons perdu une femme enceinte ainsi que l’enfant qu’elle portait. C’est un double drame », affirme-t-il.
Face à cette succession de violences, Quentin Nguendo appelle le président de la République à s’impliquer personnellement afin de restaurer la sécurité et de favoriser un dialogue entre les différentes parties. Il estime que seule une solution politique et concertée permettra de mettre fin aux assassinats, aux déplacements forcés de populations et aux autres violations enregistrées dans la région.
Enfin, il invite les autorités à écouter davantage les organisations de la société civile ainsi que les femmes leaders mobilisées pour la libération des otages et le retour de la paix dans le Haut-Mbomou.
« Nous continuons de porter les préoccupations des populations, mais nous avons le sentiment de ne pas être entendus par les autorités politiques. Il est temps que le chef de l’État prenne personnellement la mesure de la gravité de la situation », conclut Quentin Nguendo.
Mireille Mourouba










