
Bangui, le 01 Juillet 2026 (Centra News)—
La première chambre d’assises de la cour pénale spéciale a poursuivi, mardi 30 juin, l’examen de l’affaire dite « Bossembélé ». Au terme de deux journées l’audition, les 29 et 30 juin, le troisième témoin, Michel Bengba, a achevé sa déposition après avoir répondu aux questions du président de la Cour, du parquet spécial, des avocats de la partie civile et de ceux de la défense.
À la barre, le témoin est longuement revenu sur les événements ayant suivi l’incendie du supermarché Rayan. Elle a expliqué qu’après ce sinistre, elle avait été arrêtée par les forces de sécurité sans qu’aucune explication ne lui soit donnée sur les motifs de son interpellation. Selon son récit, elle a d’abord été conduite dans les locaux de la Section de recherches et d’investigations (SRI), où elle a été interrogée, avant d’être transférée à la prison de Bossembélé. Elle a ensuite été incarcérée à la prison centrale de Bimbo.
Face aux juges, Michel Bengba a indiqué qu’au cours de son parcours de détention, elle n’avait jamais été officiellement informée des faits qui lui étaient reprochés. « Jusqu’à aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi j’ai été arrêtée », a-t-elle déclaré, affirmant avoir vécu cette situation dans l’incompréhension totale.
Les différentes parties au procès ont cherché à obtenir des précisions sur les circonstances de son arrestation, sa détention et les conditions dans lesquelles elle a été entendue par les services d’enquête. Le parquet spécial, la partie civile et la défense ont successivement confronté le témoin à plusieurs questions afin d’éclairer la Cour sur les faits examinés dans cette procédure.
À l’issue de l’audience, Maître Mokpact, conseil de Semdiro, s’est dit satisfait des réponses obtenues lors du contre-interrogatoire. Selon lui, les déclarations du témoin comportent plusieurs zones d’ombre qui devront être appréciées par la Cour au moment de rendre sa décision.Au cours de son audition, Michel Bengba a également demandé à la Cour que justice soit rendue. Estimant avoir subi un préjudice du fait de son arrestation et de sa détention, elle a sollicité une réparation pour les dommages qu’elle affirme avoir endurés.
Après l’épuisement des questions des différentes parties, le président de la première chambre d’assises a prononcé la suspension de l’audience. Les débats reprendront le jeudi 2 juillet 2026, avec la poursuite de l’instruction orale de l’affaire dite « Bossembélé », dans laquelle comparaissent plusieurs accusés, dont l’ancien président Francois Bozize Yangouvonda, jugé par contumace.
Depuis l’ouverture de ce procès, la Cour poursuit l’audition des témoins afin de reconstituer les circonstances des faits poursuivis et d’établir les responsabilités des personnes mises en cause. Les témoignages recueillis constituent une étape essentielle dans la manifestation de la vérité avant la poursuite des débats.
Léa Theresia Manivela










