Centrafrique : hygiène menstruelle et kits scolaires au secours des enfants vulnérables de Pissa

PISSA, le 10 octobre 2026 (Centra-News)—

L’association Filles Debout de Pissa, avec l’appui de l’association Action Solidaire, a organisé une campagne de sensibilisation sur l’hygiène menstruelle, accompagnée d’une distribution de kits d’hygiène aux jeunes filles scolarisées et de kits scolaires aux enfants orphelins de père et de mère. L’activité, organisée à la mairie de Pissa, à environ 70 kilomètres de Bangui, dans la préfecture de la Lobaye, vise à réduire les obstacles à la scolarisation des filles et à favoriser le maintien des enfants vulnérables à l’école.

Cette initiative intervient dans le cadre de la rentrée scolaire 2026-2027, avec un accent particulier sur les difficultés rencontrées par les jeunes filles pendant leurs menstruations. À travers des séances d’explication et des démonstrations pratiques, les participantes ont été sensibilisées aux règles d’hygiène menstruelle, à la connaissance du cycle menstruel et à l’utilisation appropriée des kits d’hygiène.

Pour Bernadette Koyattro, représentante de la présidente de l’association Action Solidaire, Nadine Kossi, cette activité répond à un besoin réel au sein de la communauté.

« Nous avons constaté que la population a vraiment envie de savoir. Auparavant, certaines personnes ne savaient pas ce que sont les règles. Aujourd’hui, nous sommes venues sensibiliser la communauté à l’hygiène menstruelle, mais aussi encourager la scolarisation des jeunes filles et des enfants », a-t-elle expliqué.

La représentante d’Action Solidaire a également assuré que cette action ne serait pas la dernière. Selon elle, les activités de sensibilisation devraient se poursuivre à Pissa et s’étendre à d’autres localités, en fonction des besoins et des sollicitations des communautés.

Prenant la parole au nom de l’association Filles Debout de Pissa, sa présidente, Noëlla Maliavo, a souligné que la structure, créée il y a environ trois ans, œuvre notamment à la sensibilisation des filles-mères sur la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et le développement d’activités génératrices de revenus.

Elle a indiqué que la distribution des kits d’hygiène s’inscrit dans une démarche de lutte contre les causes de l’abandon scolaire, notamment les difficultés liées à la gestion des menstruations en milieu scolaire.

« La menstruation n’est ni une malédiction ni une maladie. Prenons soin de nous pour poursuivre nos études », a-t-elle lancé à l’endroit des jeunes filles, les invitant à ne pas laisser leurs règles compromettre leur parcours scolaire.

Noëlla Maliavo a également appelé les camarades de classe et les enseignants à adopter des comportements responsables afin d’éviter la stigmatisation des filles pendant leurs menstruations. Elle a, par ailleurs, exhorté les parents à briser les tabous autour des règles et à soutenir leurs filles en leur facilitant l’accès aux produits d’hygiène nécessaires.

Les enfants orphelins de père et de mère ayant reçu des kits scolaires ont, eux aussi, été encouragés à en faire bon usage afin de poursuivre leur scolarité dans de meilleures conditions.

La question de l’accès à l’éducation des filles autochtones a également été soulevée lors de cette activité. Représentant les communautés Aka, Simon Jésus Pierre Ekondo-Mindou a salué une initiative qui, selon lui, peut contribuer à améliorer les connaissances des jeunes filles autochtones sur les menstruations et les moyens de les gérer.

Il a relevé que le manque d’informations sur le cycle menstruel et l’utilisation des protections hygiéniques peut renforcer la gêne et le sentiment d’infériorité chez certaines élèves, jusqu’à les décourager de fréquenter l’école.

« Ces kits vont aider mes sœurs autochtones de Pissa à mieux connaître leurs menstruations et à savoir comment utiliser les protections hygiéniques. Cela peut leur permettre de poursuivre leurs études avec davantage de confiance », a-t-il déclaré.

Présent à la cérémonie, le député de Mbaïki 2, Rameau-Christ Ganazoui, a également salué l’initiative, estimant que l’appui apporté aux jeunes filles scolarisées et aux enfants orphelins constitue une contribution à l’amélioration de leurs conditions d’apprentissage.

À travers cette action, les associations Filles Debout et Action Solidaire entendent ainsi contribuer à lever certains obstacles sociaux et matériels à l’éducation. Au-delà de la distribution des kits, la sensibilisation à l’hygiène menstruelle apparaît comme un moyen de lutter contre les tabous, la stigmatisation et l’absentéisme scolaire, particulièrement chez les filles issues des communautés les plus vulnérables.

Vivien de Capistran Nvalé