Centrafrique : face au risque Ebola, les autorités renforcent la préparation et la coopération transfrontalière

Bangui, le 2 octobre 2026 (Centra-News)—

Aucun cas d’Ebola n’a encore été déclaré en République centrafricaine. Mais face à la proximité de la République démocratique du Congo (RDC), où sévit actuellement la maladie, les autorités centrafricaines intensifient les mesures de prévention, de préparation médicale et de coopération transfrontalière pour limiter le risque d’importation du virus.

Depuis près de trois mois, la République centrafricaine mène une campagne nationale de préparation accélérée contre une éventuelle introduction de la maladie à virus Ebola. L’objectif est double : sensibiliser et protéger les populations, mais aussi renforcer la capacité des structures sanitaires à prendre en charge un éventuel cas importé.

Selon les autorités sanitaires, la RCA figure parmi les pays particulièrement exposés en raison de sa longue frontière avec la RDC, notamment le long du fleuve Oubangui et de plusieurs rivières. À ce jour, aucun cas d’Ebola n’a toutefois été officiellement enregistré sur le territoire centrafricain.

La préparation repose sur deux principaux volets : médical et communautaire. Une revue des activités menées au cours de la semaine écoulée a permis d’identifier les avancées, mais également les domaines nécessitant davantage d’efforts.

La prise en charge médicale au cœur des priorités

Les autorités ont notamment décidé de revoir leur planification afin de concentrer les efforts sur les secteurs jugés les moins avancés. La prise en charge des malades, la biosécurité et les autres aspects médicaux figurent parmi les principales priorités.

Un plan de mobilisation est en cours d’élaboration pour Bangui, Mbaïki et les autres zones du pays, afin de renforcer la préparation des structures sanitaires et de réduire les risques pour les personnels de santé, les patients et les communautés.

Renforcer la coopération avec les pays voisins

La coopération transfrontalière constitue également un axe majeur de la stratégie centrafricaine. Une réunion régionale interministérielle organisée à Bangui à la mi-août, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), avait réuni les ministres de la Santé de plusieurs pays de la sous-région.

Cette rencontre a permis de poser les bases d’une coopération renforcée, avec un principe central : aucun pays ne peut lutter seul contre une épidémie transfrontalière.Sur le plan technique, des consultations entre professionnels de santé des deux côtés de la frontière sont prévues dans plusieurs régions, notamment l’Ituri, le Bas-Uélé, le Nord-Oubangui et le Sud-Oubangui.

Une première rencontre entre les équipes médicales de Yakoma, en RDC, et celles du district de Ouango, en République centrafricaine, s’est tenue récemment. Les recommandations issues de cette rencontre doivent servir de base à de futures consultations aux niveaux administratif et politique.

Des démarches sont également engagées avec les autorités centrales de la RDC afin de parvenir à un accord de coopération. Par ailleurs, la RCA travaille avec l’Ouganda, avec l’appui de l’OMS, afin de bénéficier de son expérience en matière de riposte contre les épidémies. Des techniciens ougandais sont attendus prochainement en Centrafrique.

Plaidoyer international pour financer la préparation

Au-delà de la coopération régionale, Bangui entend également porter la question de la préparation aux épidémies au niveau international.

Une réunion organisée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies vise notamment à renforcer le plaidoyer en faveur du financement de la préparation, plutôt que d’attendre la déclaration officielle d’une épidémie pour mobiliser les ressources.

Pour les autorités centrafricaines, attendre la déclaration d’une épidémie avant d’intervenir revient à agir trop tard. L’expérience actuelle de la RDC est présentée comme un exemple des conséquences possibles d’une préparation insuffisante.

La RCA entend ainsi faire de la prévention et de la préparation une priorité dans sa stratégie de santé publique. Une démarche qui bénéficie du soutien de l’OMS, qui a notamment désigné le président centrafricain comme champion de la préparation aux épidémies.

Vivien de Capistran Nvalé