Centrafrique : à Birao, la population hausse le ton contre les retards des projets routiers de l’UNOPS quelques heures après le coup de colère du gouvernement

BIRAO, le 09 août 2026 (Centra-News )—

La colère monte dans la région Fertit. Plus d’une centaine de femmes, d’hommes, de jeunes et d’enfants ont manifesté samedi devant la préfecture de Birao pour dénoncer les retards dans l’exécution des projets routiers destinés à désenclaver le Nord-Est de la République centrafricaine. Les manifestants ont notamment interpellé les autorités locales et la mission des Nations unies sur la situation des routes de la région.

Munis de banderoles, les manifestants ont appelé l’Office des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) à respecter ses engagements et à accélérer la réalisation des infrastructures routières attendues depuis plusieurs années

.« UNOPS, trop c’est trop, respectez vos engagements, la région Fertit attend sa route pour alléger les souffrances », pouvait-on lire sur l’une des banderoles.

Sur une autre, les manifestants réclamaient des explications sur les financements destinés aux entreprises chargées des travaux : « UNOPS, la région Fertit mérite des infrastructures routières. Où est l’argent destiné aux entreprises mis à votre disposition ? »

Une troisième banderole résumait leur principale revendication : « UNOPS, quatre ans c’est trop, nous réclamons la livraison de nos routes. »

Cette mobilisation intervient quelques heures après la publication d’un communiqué du gouvernement centrafricain dénonçant les retards qu’il attribue à l’UNOPS dans l’exécution de plusieurs projets routiers financés par l’Agence française de développement (AFD) et la Banque mondiale.

Selon le gouvernement, les projets concernés portent notamment sur la réhabilitation de la route Ndélé-Ouadda et la construction de quatre ponts sur l’axe Mbrès-Ndélé. Ces infrastructures sont considérées comme essentielles pour améliorer la circulation des personnes et des biens, faciliter l’accès aux services sociaux de base et contribuer au désenclavement du Nord-Est.

Dans son communiqué, le gouvernement affirme que l’UNOPS, chargée de la mise en œuvre opérationnelle des projets, n’aurait toujours pas honoré certains de ses engagements contractuels envers les entreprises retenues pour réaliser les travaux.

Les financements concernés s’élèvent à 5 millions d’euros pour le projet soutenu par l’AFD et à 30 637 410 dollars américains pour celui financé par la Banque mondiale. Le gouvernement précise que les fonds avaient fait l’objet de décaissements respectivement en septembre 2022 et en novembre 2025.

Face à cette situation, l’Exécutif centrafricain dit vouloir engager « toutes les voies de recours appropriées », tant au niveau national qu’international, afin que les responsabilités soient établies et que les engagements contractuels soient respectés.

Pour les habitants de Birao et de l’ensemble de la région Fertit, l’enjeu dépasse toutefois la seule question administrative ou contractuelle. L’état des routes constitue depuis plusieurs décennies un obstacle majeur à la mobilité des populations, à l’approvisionnement des localités et à l’accès aux services essentiels.

Les manifestants demandent ainsi aux autorités centrafricaines de prendre leurs responsabilités et de faire toute la lumière sur les blocages qui empêchent le démarrage ou la poursuite effective des travaux.

Après des années d’attente, la population du Nord-Est réclame désormais des actes concrets. Pour elle, la réhabilitation des axes routiers constitue une condition indispensable au désenclavement de la région et à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Vivien de Capistran Nvalé