
BANGUI, le 27 octobre 2026 (Centra-News)—
L’amélioration de la qualité des données néonatales et leur utilisation dans la prise de décision médicale sont au centre de l’atelier national de restitution des résultats préliminaires de la deuxième phase du projet IMPULSE, organisé ce mardi à Bangui. L’initiative, expérimentée au Complexe hospitalier universitaire pédiatrique de Bangui de juillet 2025 à juillet 2026, vise à renforcer la documentation clinique et à améliorer la prise en charge des nouveau-nés.
Les travaux de cet atelier réunissent des professionnels de santé, des chercheurs, des responsables du ministère de la Santé et de la Population ainsi que des partenaires techniques et scientifiques. Les échanges portent notamment sur les résultats de la phase pilote, les difficultés rencontrées dans la collecte des données et les perspectives d’amélioration des pratiques médicales.
Prenant la parole à l’ouverture, le médecin général de brigade, gynécologue-obstétricien et chargé de mission en matière de défense au ministère de la Santé et de la Population, le Dr Samuel Gondjé, a souligné l’importance de cette initiative face au niveau élevé de la mortalité néonatale en République centrafricaine.
« Sur 100 nouveau-nés, il y en a au moins 28 qui meurent », a-t-il indiqué, en présentant ce constat comme l’une des motivations de l’étude IMPULSE. Selon lui, les résultats de cette recherche doivent permettre d’identifier les difficultés qui compromettent la survie des nouveau-nés et de proposer des outils de travail harmonisés pour les professionnels de santé sur l’ensemble du territoire.
Menée pendant un an au Complexe hospitalier universitaire pédiatrique de Bangui, l’étude a mobilisé des experts nationaux et internationaux autour des pratiques de soins et de la documentation médicale. Elle vise notamment à améliorer la qualité des informations recueillies au chevet des patients, indispensables au suivi clinique, à la continuité des soins et à la planification des services de santé.
Le projet repose sur deux composantes complémentaires. La première porte sur le renforcement des compétences des professionnels de santé et des gestionnaires de données. La seconde concerne la conception, l’expérimentation et l’évaluation de nouveaux dossiers cliniques néonatals, élaborés avec les utilisateurs afin de mieux répondre aux réalités du terrain.
Pour les responsables du projet, un dossier médical incomplet ou mal renseigné peut compromettre le suivi d’un nouveau-né et limiter la capacité des équipes à prendre des décisions adaptées. L’amélioration de la qualité des données constitue ainsi un levier pour mieux identifier les besoins des patients et orienter les interventions sanitaires.
Le représentant du ministère de la Santé et de la Population a, pour sa part, insisté sur la nécessité de disposer de données fiables pour progresser vers les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030, notamment celui relatif à la réduction des décès évitables chez les nouveau-nés et les enfants de moins de cinq ans.
Au-delà de la restitution des résultats préliminaires, l’atelier doit permettre de déterminer les changements à maintenir, à adapter ou à abandonner, en fonction des résultats observés et de leur faisabilité. Les participants ont émis une feuille de route précisant les actions prioritaires, les responsabilités et les modalités de suivi.
Le ministère a salué la collaboration entre les équipes nationales, le Complexe hospitalier universitaire pédiatrique de Bangui et les partenaires scientifiques et techniques impliqués dans le projet, notamment la London School of Hygiene and Tropical Medicine et Médecins avec l’Afrique. Des remerciements ont également été adressés à la Fondation Paolo Crispi pour son soutien financier.
En marge des travaux, le Dr Samuel Gondjé a lancé un appel aux femmes enceintes à consulter précocement les services de santé afin de bénéficier d’un suivi prénatal adapté. Il a rappelé que certaines complications susceptibles d’affecter la santé du nouveau-né peuvent être détectées et prises en charge pendant la grossesse.
À travers le projet IMPULSE, les acteurs de la santé entendent faire des données médicales un véritable outil d’amélioration des soins néonatals. L’enjeu est de transformer les informations recueillies dans les structures sanitaires en décisions concrètes, afin de mieux protéger les nouveau-nés et de contribuer à la réduction de la mortalité infantile en République centrafricaine.
Vivien de Capistran Nvalé

