
Bangui, le 20 juin 2026 (Centra-News)—
Le Centre de Rééducation pour Handicap Moteur (CRHAM) de Bangui vient de franchir une nouvelle étape dans la prise en charge des personnes souffrant de handicaps moteurs. Grâce à l’appui de l’Ambassade de France en République centrafricaine et de partenaires associatifs français, le centre s’est doté d’équipements spécialisés destinés à la fabrication d’orthèses, avec pour ambition d’améliorer les soins et de renforcer les compétences locales.
Parmi les équipements acquis figure notamment une cuve d’eau chaude de marque Rolyan, indispensable au moulage des attelles. D’autres matériels et consommables ont également été fournis dans le cadre de ce projet, financé conjointement par l’Ambassade de France et l’association du professeur Onimus.

Pour accompagner cette initiative, l’ergothérapeute française Louise Mariet a effectué une mission de dix jours à Bangui afin de former les rééducateurs du CRHAM à la fabrication d’orthèses thermoformées. « Le professeur Onimus m’a demandé de venir former les rééducateurs afin de mettre en place un atelier de fabrication d’orthèses. L’objectif est de pouvoir immobiliser ou mobiliser certaines parties du corps selon les besoins des patients grâce à des plaques thermoformables moulées directement sur la personne », explique la spécialiste française.
Selon elle, cette expérience a permis un échange enrichissant avec les équipes locales. « J’ai pu former Enoch et d’autres rééducateurs. Les pathologies rencontrées ici sont différentes de celles observées en France, ce qui rend cette mission particulièrement intéressante », souligne-t-elle.
La coordinatrice du centre, sœur Agnès Nandey, salue une initiative qui répond à une forte demande des patients. « Nous remercions l’Ambassade de France pour avoir permis la venue de Mme Louise. Depuis son arrivée, beaucoup de choses ont été réalisées et notre personnel, notamment le rééducateur Enoch, a acquis de nouvelles compétences pour poursuivre ce travail », affirme-t-elle.

Selon elle, l’absence d’équipements adaptés constituait jusque-là un frein à la prise en charge des nombreuses personnes atteintes de malformations ou de handicaps moteurs.
« Aujourd’hui, nous constatons que des personnes qui éprouvaient d’énormes difficultés à se déplacer retrouvent progressivement leur mobilité. C’est une grande satisfaction pour nous », ajoute la religieuse.
Le CRHAM accueille chaque mois entre 70 et plus de 100 patients. Grâce à des coûts de prise en charge accessibles, estimés à environ 250 francs CFA pour certaines prestations, le centre offre des soins à des tarifs nettement inférieurs à ceux pratiqués dans d’autres structures.
Parmi les bénéficiaires figure Constantin, qui témoigne des premiers effets positifs de son appareillage. « Cela faisait près d’un an que je souffrais. Depuis que j’ai reçu ce traitement, je ressens une amélioration et je retrouve progressivement l’usage de ma main. Je remercie le centre et l’Ambassade de France pour leur soutien », confie-t-il.
Le suivi du projet devrait se poursuivre avec l’appui du professeur Onimus et de ses partenaires, tandis que les modalités d’un accompagnement durable restent à définir avec les différents acteurs impliqués.
Cette coopération illustre la volonté des partenaires français et centrafricains de renforcer les capacités locales et d’améliorer la prise en charge des enfants et des adultes vivant avec un handicap moteur en République centrafricaine.
Mireille Mourouba










