
BANGUI, le 23 octobre 2026 (Centra-News)—
La République centrafricaine enregistre une tendance à la baisse de la mortalité maternelle, mais les décès liés à la grossesse et à l’accouchement demeurent préoccupants. Les résultats d’une enquête nationale présentés ce jeudi 22 octobre à Bangui, Dr Pierre Somsé, font état d’environ 710 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, avec des disparités importantes entre les régions.
Selon le ministre de la Santé, ces résultats confirment la tendance à la régression observée ces dernières années. Les estimations des Nations unies situaient le ratio de mortalité maternelle à 829 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2016, contre 692 en 2023.
« La tendance à la régression de la mortalité maternelle chez nous est confirmée », a déclaré Dr Pierre Somsé, tout en soulignant la nécessité de maintenir les efforts engagés. Il a toutefois rappelé que l’évolution de cet indicateur reste irrégulière et nécessite un suivi régulier.
L’enquête révèle également des disparités régionales préoccupantes, certains taux dépassant 1 000 décès pour 100 000 naissances vivantes. Les complications médicales, notamment les hémorragies, les infections et les maladies hypertensives, figurent parmi les principales causes de décès identifiées.
La disponibilité du sang demeure notamment un défi majeur pour les structures sanitaires du pays. À cela s’ajoutent les difficultés liées à la prise en charge des patientes, à l’organisation des services hospitaliers et aux conditions dans lesquelles les femmes arrivent dans les formations sanitaires.
Le ministre a également relevé un résultat qu’il juge paradoxal : selon les données présentées, la mortalité maternelle serait moins élevée en milieu rural qu’en milieu urbain. Cette observation devra faire l’objet d’analyses complémentaires, notamment au regard des difficultés d’accès aux soins et de transport auxquelles sont confrontées les femmes vivant dans les zones rurales.
Présentée comme une première enquête nationale de ce type fournissant des données robustes, cette étude doit permettre de mieux comprendre les causes des décès maternels et d’orienter les interventions sanitaires.
Malgré les signes encourageants relevés dans les chiffres, les autorités sanitaires restent confrontées à un défi majeur : réduire durablement la mortalité maternelle et prévenir les décès évitables liés à la grossesse et à l’accouchement.
Vivien de Capistran Nvalé

