
BANGUI, le 16 octobre 2026 (Centra-News )—
Le ministre de la Santé et de la Population, Dr Pierre Somsé, a annoncé un renforcement des mesures disciplinaires contre les agents de santé reconnus coupables de négligence, d’indiscipline ou de pratiques mercantiles. Cette déclaration intervient après un audit portant sur 23 décès maternels enregistrés au cours du premier semestre au service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital communautaire de Bangui.
Selon le ministre, les résultats de cet audit ont mis en évidence plusieurs facteurs liés aux retards dans la prise en charge des patientes. Il a notamment souligné que le troisième retard, qui concerne les insuffisances survenant après l’arrivée d’une patiente dans une structure sanitaire de référence, représenterait plus de la moitié des causes de décès examinées à l’hôpital communautaire.
Le ministre a évoqué plusieurs problèmes susceptibles d’affecter la qualité des soins, notamment l’indiscipline, le racket, le mercantilisme et les dysfonctionnements dans les services. Il a indiqué que des changements avaient déjà été engagés au sein du service de gynécologie-obstétrique, avec l’affectation de nouvelles sages-femmes en remplacement de certains agents.
« Tout le personnel qui se rendra coupable, soit de négligence, soit d’indiscipline, soit de mercantilisme, sera sanctionné proprement, y compris sa radiation de la profession », a averti Pierre Somsé, affirmant vouloir mettre fin à ces pratiques.
Le ministre a également déclaré effectuer des visites régulières dans les couloirs de l’hôpital communautaire afin de suivre le fonctionnement des services. D’autres mesures sont en cours d’application, a-t-il précisé, sans en détailler l’ensemble.
Interrogé par la rédaction Centra-News sur le décès d’une patiente après une intervention chirurgicale dans un centre de santé privé, un cas évoqué sur les réseaux sociaux, Pierre Somsé a confirmé avoir été saisi du dossier. Il a toutefois refusé de commenter les circonstances de l’affaire, invoquant le respect du secret professionnel et de la confidentialité.
Il a rappelé que les accusations visant un professionnel de santé doivent faire l’objet d’investigations par les instances compétentes, notamment l’Inspection des services de santé et le Conseil de l’Ordre. En cas de contestation des conclusions, a-t-il ajouté, les personnes concernées peuvent saisir la justice.
Pour le ministre, les mesures disciplinaires doivent s’accompagner d’un meilleur respect des obligations professionnelles et d’une amélioration de la prise en charge des patients dans les structures sanitaires.
Les résultats détaillés de l’audit des décès maternels ainsi que les mesures correctives envisagées à long terme n’ont pas été précisés lors de cette intervention avec Centra-News.
Vivien de Capistran Nvalé

