
BANGUI, le 23 octobre 2026 (Centra-News)—
La République centrafricaine a enregistré 75 cas de poliovirus circulant dérivé d’une souche vaccinale de type 2 entre 2019 et octobre 2026, dont 52 cas chez des enfants de moins de 15 ans présentant une paralysie flasque aiguë et 23 détections dans des prélèvements environnementaux. À la veille de la Journée mondiale de lutte contre la poliomyélite, célébrée le 24 octobre, le ministre chargé de la Santé et de la Population appelle les parents à faire vacciner leurs enfants et les partenaires à renforcer leur soutien aux efforts d’éradication de la maladie.
Placée sous le thème « Ensemble pour un monde sans polio : renforcer le plaidoyer et mobiliser les ressources pour maintenir la République centrafricaine sans poliomyélite », l’édition 2026 est accompagnée du slogan « Zéro polio en RCA : chaque enfant, une dose ! ». Cette journée vise à mobiliser les communautés autour de la vaccination et à rappeler les risques liés à cette maladie infectieuse qui peut provoquer une paralysie irréversible.
Selon les données présentées par le ministère de la Santé, 20 des 35 districts sanitaires répartis dans les sept régions sanitaires du pays ont signalé au moins un cas confirmé de poliovirus dérivé d’une souche vaccinale, chez une personne ou dans des prélèvements d’eaux usées analysés en laboratoire.
Pour l’année 2026, sept détections ont été signalées par le système national de surveillance, dont cinq cas de paralysie flasque aiguë et deux détections environnementales. Parmi les cinq cas de paralysie, quatre concernent des enfants issus de la population nomade à Bossembélé et un cas a été enregistré à Boda.
Le dernier cas de paralysie flasque aiguë a été confirmé le 15 juillet 2026 dans le district sanitaire de Bossembélé, chez un enfant âgé de 30 mois. Le dernier prélèvement environnemental positif provient du site de Saint-Paul, dans le district sanitaire de Bangui I, au sein du 7e arrondissement de Bangui.
Face à cette situation, deux campagnes de vaccination de masse ont été programmées pour octobre et novembre 2026. Le ministère annonce également le renforcement de la surveillance épidémiologique afin de rechercher d’éventuels cas qui n’auraient pas encore été détectés.
Des progrès, mais des défis persistantsLa RCA avait déjà connu des épisodes de circulation du poliovirus sauvage entre 2003 et 2011, avec 52 cas recensés, dont 38 dus au poliovirus de type 1 et 14 de type 3. Les campagnes de vaccination de masse, l’intensification de la vaccination de routine et la recherche active des cas de paralysie flasque aiguë avaient permis d’interrompre la circulation du virus sauvage en décembre 2011.
Toutefois, depuis 2019, le pays fait face à des épisodes récurrents liés au poliovirus circulant dérivé d’une souche vaccinale. Malgré les efforts du gouvernement et de ses partenaires, plusieurs obstacles continuent de freiner les interventions : l’éloignement des structures sanitaires, la mobilité des populations nomades, l’insuffisance des équipements de chaîne du froid, le manque de moyens de transport pour les équipes mobiles ainsi que les réticences de certains parents à faire vacciner leurs enfants.
Un appel à la mobilisation générale
À l’occasion de cette journée mondiale, le ministre chargé de la Santé et de la Population exhorte les parents et les responsables d’enfants à veiller à ce que tous les enfants de moins de cinq ans reçoivent les doses prévues par le calendrier vaccinal de routine, ainsi que les doses supplémentaires administrées lors des campagnes de vaccination.
Il invite également la population à signaler sans délai aux formations sanitaires tout cas de paralysie flasque aiguë observé chez un enfant de moins de 15 ans, afin de permettre une prise en charge et une investigation rapides.
Les professionnels de santé sont, pour leur part, appelés à améliorer l’accueil des patients, à garantir la disponibilité des vaccins et à faciliter l’accès aux services de santé. Les leaders communautaires et les partenaires techniques et financiers sont également sollicités pour intensifier la sensibilisation et soutenir financièrement les activités de vaccination sur l’ensemble du territoire national.
Instituée dans le cadre de la mobilisation internationale contre la poliomyélite, cette journée rappelle que la vaccination demeure le principal moyen de prévention contre la maladie. Pour les autorités sanitaires centrafricaines, la protection de chaque enfant et la détection rapide des cas suspects restent essentielles pour préserver les acquis et parvenir à une élimination durable de la poliomyélite dans le pays.
Benicia Gazambeti

