Centrafrique : l’exclusion de Geoffrey Kondogbia soulève des interrogations majeures

Bangui, le 23 mars 2026 (Centra-News)— La décision d’écarter Geoffrey Kondogbia de la liste des Fauves de Bas-Oubangui continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion sportive nationale. Selon plusieurs sources, le président de la Fédération centrafricaine de football, Célestin Yanendji, aurait assumé « l’entière responsabilité » de cette décision. Une situation qui soulève des interrogations à la fois sportives, institutionnelles et symboliques.

Sur le plan sportif, l’absence du capitaine des Fauves représente une perte considérable. Fort de plus d’une décennie d’expérience au haut niveau européen et de nombreuses sélections internationales, Geoffrey Kondogbia s’impose comme l’un des piliers de l’équipe nationale. Son leadership, sa vision du jeu et sa capacité à structurer le milieu de terrain constituent des atouts majeurs. Son engagement en faveur de la sélection centrafricaine, malgré des opportunités en équipe A française, témoignait d’un choix fort. Sans lui, l’équipe pourrait perdre en stabilité et en compétitivité face à des adversaires mieux aguerris.

Une décision aux contours flous

Au-delà de l’aspect sportif, la question de la gouvernance se pose. Si cette décision émane effectivement de la Fédération plutôt que du staff technique, elle pourrait être perçue comme une ingérence dans le domaine sportif. La Confédération africaine de football encourage pourtant l’autonomie des sélectionneurs dans leurs choix. En l’absence de justification officielle d’ordre disciplinaire, médical ou contractuel, cette mise à l’écart alimente les doutes et fragilise la confiance entre les différents acteurs du football centrafricain.

Un signal préoccupant pour la jeunesse

Sur le plan symbolique, l’exclusion de Kondogbia envoie un message délicat. Considéré comme un modèle de professionnalisme, il incarne une source d’inspiration pour de nombreux jeunes. L’écarter sans explication claire pourrait nourrir un sentiment d’injustice et d’opacité dans la gestion du football national. Dans un contexte où le sport joue un rôle clé dans la cohésion sociale, une telle décision risque d’entamer l’espoir et l’adhésion populaire.

Une décision à clarifier

En définitive, la gestion d’une sélection nationale repose avant tout sur la transparence et la performance. Si des raisons valables justifient cette décision, elles gagneraient à être rendues publiques. À défaut, cette exclusion pourrait non seulement affaiblir les Fauves sur le terrain, mais également ternir l’image des instances dirigeantes du football centrafricain.

Mireille Mourouba