
BANGUI, le 05 janvier 2026 (CentraNews)— Le président du Parti UNIR s’est exprimé ce week-end devant les professionnels des médias à Bangui, à l’occasion d’une rencontre d’échanges marquée par la présentation des vœux du Nouvel An à la presse nationale. Dans son allocution, il a fait le point sur le processus électoral en cours, dénonçant de nombreuses irrégularités observées lors des élections groupées du 28 décembre 2025.
Selon lui, son parti a adhéré sans réserve au processus électoral dès le départ, fidèle à sa ligne politique fondée sur le dialogue, le consensus et la résolution pacifique des conflits. Malgré la tentative d’invalidation de sa candidature, le Parti UNIR affirme avoir mobilisé massivement ses militants pour une participation active aux élections, preuve, selon son leader, de son attachement à la démocratie et à la paix.
Toutefois, à l’issue du scrutin, le Parti UNIR dit avoir constaté plusieurs dysfonctionnements qu’il juge graves et susceptibles de porter atteinte à la crédibilité des résultats en cours de proclamation par l’Autorité nationale des élections (ANE).
Le président du parti pointe notamment l’incapacité de l’ANE à organiser des élections libres, inclusives et transparentes, rappelant que cette institution a elle-même reconnu certaines insuffisances dans un communiqué daté du 29 décembre 2025, invitant ses démembrements à remettre les procès-verbaux aux mandataires des candidats.
Parmi les irrégularités relevées figurent l’empêchement de mandataires du Parti UNIR d’accéder à certains bureaux de vote, tant à Bangui que dans plusieurs localités de l’intérieur du pays, notamment dans les 2ᵉ et 5ᵉ arrondissements de la capitale, à Zamba dans la Basse-Kotto et à Bangassou dans le Mbomou. Cette situation aurait entraîné l’absence des représentants du parti lors des opérations de dépouillement.
Le parti dénonce également l’ouverture tardive ou l’inopérationnalité de certains centres de vote pourtant annoncés fonctionnels, ainsi que l’augmentation inexpliquée du nombre de bureaux de vote le jour du scrutin. À Bangui, dans le 4ᵉ arrondissement, 70 bureaux avaient été annoncés lors d’une réunion préparatoire, mais 83 ont finalement été recensés le jour du vote.
Autre fait dénoncé : la gestion des procès-verbaux. Le président du Parti UNIR affirme que certains documents auraient été signés à l’avance sans être remplis, tandis que d’autres n’auraient pas été remis aux mandataires à la fin du dépouillement, en violation du code électoral centrafricain.
Il cite également des refus de signature de procès-verbaux par certains présidents de bureaux de vote, l’ouverture d’urnes déjà scellées en l’absence des représentants des candidats, ainsi que l’abandon de matériel électoral dans des bureaux de vote ou des poubelles pendant plusieurs jours.
Le vote par dérogation est aussi mis en cause. Selon le parti, des militaires auraient voté en grand nombre par dérogation malgré des oppositions formelles, tandis que des électeurs ne figurant pas sur les listes électorales et sans carte d’électeur auraient été autorisés à voter. Le leader du Parti UNIR évoque par ailleurs l’encerclement nocturne de certains centres de vote par des forces mixtes de sécurité dans plusieurs localités du pays.
Face à l’ensemble de ces faits, le Parti UNIR, tout en se disant attaché à la légalité et aux valeurs républicaines, appelle à l’annulation pure et simple des scrutins du 28 décembre 2025. Il annonce également son intention de saisir le Conseil constitutionnel afin de contester les résultats et demande la dissolution de l’ANE, qu’il estime responsable des dysfonctionnements constatés.
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