
BANGUI, le 12 février 2026 (CentraNews )— À l’occasion de la Journée internationale des enfants soldats, célébrée ce 12 février 2026, la ministre de la Promotion du Genre, de la Protection de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Dr Marthe Augustine Kirimat, a réaffirmé la détermination du Gouvernement à mettre un terme au recrutement et à l’utilisation d’enfants par les forces et groupes armés en République centrafricaine.
Instituée en mémoire de l’entrée en vigueur, le 12 février 2002, du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés, cette journée internationale rend hommage aux milliers de garçons et de filles enrôlés de force à travers le monde et appelle à l’éradication de ce crime.
Selon le dernier rapport annuel du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés, plus de 8 600 cas vérifiés d’enfants recrutés ou utilisés dans des conflits ont été recensés en 2023. « Chacun de ces enfants a été privé de ses besoins et de ses droits fondamentaux », a rappelé la ministre.
Une situation préoccupante en Centrafrique
En République centrafricaine, les estimations font état de plus de 12 000 enfants associés aux forces et groupes armés entre 2002 et 2016. Entre 2016 et 2019, 165 garçons et 43 filles auraient encore été enrôlés de force.
Face à cette réalité, le Gouvernement centrafricain a multiplié les engagements juridiques et institutionnels. Le pays a ratifié plusieurs instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant du 20 novembre 1989, son Protocole facultatif du 25 mai 2000 ainsi que la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant.Au plan national, la loi n°20.016 portant Code de protection de l’enfant interdit formellement le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits armés. L’article 179 prévoit des peines de dix à vingt ans d’emprisonnement et des amendes pouvant aller de 5 à 20 millions de francs CFA, doublées en cas de récidive.
Des actions concrètes sur le terrain

En 2024, le Gouvernement a signé avec les Nations Unies un Protocole d’accord relatif à la protection et au transfert des enfants associés aux forces et groupes armés vers les autorités civiles. Dans ce cadre, avec l’appui de l’UNICEF, le ministère a renforcé les mécanismes de réintégration des enfants concernés dans plusieurs localités, notamment à Bouar, Bossangoa, Bocaranga, Koui, Bambari, Bria, Ndélé, Bangassou, Alindao et Obo.
Parmi les actions menées figurent : L’identification et la formation de familles d’accueil temporaires ; La mise en place d’équipes mobiles et d’équipes de vérificateurs ; L’organisation de séances de sensibilisation au profit des leaders communautaires, des forces de défense et de sécurité et des autorités locales ; L’identification et l’accompagnement de 50 enfants séparés ou non accompagnés ; La tenue d’un atelier de réflexion sur la réintégration des enfants associés aux forces et groupes armés.
Malgré ces avancées, la ministre a reconnu que « des défis importants demeurent » dans la protection effective des enfants contre les conséquences des conflits.
Mobilisation nationale en 2026

Pour l’édition 2026, le thème national retenu est : « Mobilisons-nous pour le respect du Protocole d’accord sur la protection et le transfert des enfants associés aux forces et groupes armés aux autorités civiles. »
Plusieurs activités sont prévues sur l’ensemble du territoire, notamment la production et la diffusion de spots de sensibilisation, l’organisation de tables rondes et de conférences-débats, ainsi qu’un atelier de vulgarisation du Protocole d’accord et du Code de protection de l’enfant à Bangui, à l’intention des leaders communautaires, religieux et des jeunes. « La place d’un enfant est à l’école »
Dans son message, Dr Marthe Augustine Kirimat a souligné que le Gouvernement dirigé par le Premier ministre Félix Moloua, sous le leadership du Président de la République, le Professeur Faustin Archange Touadéra, demeure résolument engagé dans la lutte contre l’enrôlement des enfants.
« La place d’un enfant n’est ni sur un champ de bataille, ni sous des armes, mais à l’école, au sein de sa famille et dans un environnement protecteur », a-t-elle insisté, rappelant que la protection de l’enfance constitue une responsabilité collective impliquant l’État, les communautés, les forces de défense et de sécurité, les leaders religieux ainsi que l’ensemble de la société.
La ministre a également exprimé sa gratitude aux partenaires techniques et financiers pour leur appui et lancé un appel à une mobilisation accrue afin d’assurer la réinsertion durable des enfants affectés par les conflits et de lutter contre l’impunité.
« Investir dans la paix, c’est avant tout investir dans l’enfance », a-t-elle conclu, appelant à bâtir un avenir où chaque enfant centrafricain pourra grandir libre, protégé et porteur d’espoir pour la Nation.
Redaction CentraNews










