
Bangui, le 15 janvier 2026 (CentraNews )— Toujours bénéficiaire d’une mise en disponibilité liée aux élections groupées du 28 décembre 2025, le maire de Bangui, Émile Gros Raimond Nakombo, fait face à de vives critiques de la part de certains de ses anciens collaborateurs, qui remettent en cause sa gestion à la tête de la municipalité. Des accusations que l’intéressé rejette fermement.
La controverse intervient quelques jours après le quadruple scrutin, au moment où plusieurs responsables publics ayant bénéficié de mises en disponibilité commencent à reprendre leurs fonctions. À la mairie de Bangui, le climat reste toutefois tendu.
Lors d’une conférence de presse tenue le 13 janvier 2026 à l’hôtel de ville, le secrétaire général de la mairie, David Gbeti, a dressé un tableau sévère des neuf années de gestion de l’institution sous la présidence d’Émile Gros Raimond Nakombo. Il évoque de graves dysfonctionnements administratifs et financiers, dénonçant ce qu’il qualifie de « gouvernance calamiteuse ».

Selon lui, cette gestion aurait été marquée par des détournements massifs de fonds publics et une centralisation excessive des décisions financières. Il estime que l’état de dégradation avancée de la capitale, notamment en matière d’assainissement et de services municipaux, en serait une conséquence directe. Il affirme par ailleurs que sans l’intervention de l’État, à travers l’opération citoyenne Kwa Ti Kodro, Bangui aurait été exposée à une grave crise sanitaire.
Sur le plan financier, David Gbeti indique que la mairie fait face à d’importants arriérés, malgré le paiement régulier des salaires par l’État. Il évoque plusieurs milliards de francs CFA liés aux salaires, pensions, dettes bancaires et charges de fonctionnement, qu’il attribue à des détournements présumés sur des comptes domiciliés à la BGFI Bank.Le secrétaire général cite également plusieurs lignes budgétaires : indemnités, frais de mission, entretien, formations, primes et gratifications qui auraient été utilisées, selon lui, à des fins non conformes aux priorités de la municipalité.
Des irrégularités administratives et foncières sont également pointées du doigt, notamment des recrutements jugés illégaux, la création de postes non prévus par les textes en vigueur, ainsi que des ventes présumées illicites de terrains et de places publiques, dont les recettes n’auraient pas été reversées à la caisse municipale. David Gbeti affirme que ces accusations reposent sur l’analyse des budgets municipaux et de ressources non retracées dans les comptes officiels, appelant les organes de contrôle et la justice à se saisir du dossier.
Il convient de rappeler que seul le ministère de tutelle reste compétent pour trancher cette situation. Nommé par décret présidentiel, Émile Gros Raimond Nakombo demeure, à ce jour, président de la délégation spéciale de la ville de Bangui, bien qu’une présidente intérimaire ait été désignée par arrêté du ministère de l’Administration du territoire.
Contacté par nos confrères du RJDH, Émile Gros Raimond Nakombo rejette en bloc ces accusations, invoquant son droit de réserve. Il assure avoir toujours fait l’objet de contrôles réguliers de la part des organes compétents de l’État et annonce son intention de porter plainte. Selon lui, les responsables actuels de la mairie devraient plutôt s’expliquer sur certaines décisions récentes, notamment la réduction des salaires des agents municipaux et des licenciements enregistrés.
Rédaction CentraNews










