Centrafrique : deux employés de Médecins Sans Frontières libérés à Bangui

Bangui, le 12 mars 2026 (Centra-News)— Deux employés de l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF), un ressortissant français et un Centrafricain, interpellés début mars dans le sud-est de la République centrafricaine, ont été libérés mercredi 11 mars en fin de journée à Bangui, a annoncé l’ONG médicale.

Dans une déclaration transmise à l’AFP, l’organisation a confirmé la libération de ses collaborateurs. « Nous confirmons que nos deux collègues sont sortis de détention ce 11 mars en fin de journée », a indiqué MSF.

Les deux humanitaires avaient été arrêtés au début du mois dans la ville de Zémio, située dans la préfecture du Haut-Mbomou, à la frontière avec la République démocratique du Congo. Après leur interpellation, ils avaient été transférés à Bangui pour la suite des procédures.

La veille de leur libération, le ministère centrafricain de la Défense avait indiqué que l’employé français faisait l’objet de « sérieux soupçons d’activités visant la déstabilisation de la situation sécuritaire » dans la région du Haut-Mbomou.

Selon les autorités, l’intéressé serait entré sur le territoire centrafricain en provenance de la République démocratique du Congo en contournant les postes frontaliers officiels et ne disposait pas des documents requis attestant de la régularité de sa présence dans le pays.

De son côté, Médecins Sans Frontières avait expliqué que les deux employés faisaient partie d’une équipe déployée depuis février dans la localité de Zapay, dans le nord de la RDC. Ils se seraient rendus à Zémio à l’invitation des autorités civiles locales.

Cette libération intervient à la veille de la visite officielle à Bangui du ministre français des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot, attendu pour rencontrer le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra. Il s’agit de la première visite d’un chef de la diplomatie française en Centrafrique depuis sept ans.

La préfecture du Haut-Mbomou, frontalière de la République démocratique du Congo et du Soudan du Sud, reste l’une des zones sécuritaires sensibles du pays, malgré une amélioration progressive de la situation sécuritaire nationale depuis la crise armée des années 2010.

Dans cette même région, un consultant belgo-portugais d’une ONG américaine, Joseph Figueira Martin, avait été arrêté en mai 2024 à Zémio. Il a été condamné en novembre 2025 à dix ans de travaux forcés, notamment pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

Sources AFP et TV5.