
Par Nadine kossi, présidente de l’association action solidaire
Bangui, le 29 mars 2026 (Centra-News)—
Chaque année, le 29 mars, notre pays commémore la disparition de Barthélemy Boganda, c’est un moment chargé d’émotion et de mémoire pour la République centrafricaine. Se souvenir d’une disparition brutale, d’un destin interrompu, d’un homme arraché trop tôt à son peuple. Mais une question s’impose désormais avec lucidité : que faisons -nous réellement de cette mémoire. En d’autres termes comme le souligne votre question particulièrement pertinente : à savoir faut-il continuer à commémorer cette journée sous l’angle de la mort de Barthélemy BOGANDA, ou la réorienter vers l’héritage politique et idéologique ?
Car commémorer ne doit pas être un simple rituel mais un acte utile. Il faut souligner que commémorer la mort de Boganda permet : de rappeler le caractère tragique de sa disparition (dans un contexte encore entouré de zones d’ombre), de maintenir un devoir de mémoire collectif, mais aussi de renforcer l’unité nationale autour d’une figure fondatrice.
Cependant, cette approche présente des limites : elle fige Boganda dans le passé et entretient une mémoire parfois plus émotionnelle que constructive, mais surtout ne mobilise pas suffisamment les jeunes générations autour d’un projet d’avenir.

Recentrer sur l’héritage politique et idéologique est une démarche plus féconde
Boganda n’est pas seulement un martyr, il est surtout un visionnaire. Recentrer la commémoration sur son héritage permettrait de transformer la journée en moment de réflexion nationale, de reconnecter les citoyens à ses idées politiques et donner un sens concret et actuel à la commémoration.
Son projet des « États-Unis d’Afrique » illustre une pensée profondément moderne, une Afrique unie, souveraine et solidaire, une intégration régionale avant l’heure et une volonté d’émancipation politique et économique.
Il est temps de faire évoluer le sens de cette commémoration. Non pas abandonner la mémoire mais la dépasser. Ce que nous devons célébrer aujourd’hui, c’est une pensée, une direction, une exigence et cette exigence tenait en cinq priorités simples mais fondamentales : nourrir, vêtir, loger, éduquer et soigner. Cinq engagements qui définissent encore aujourd’hui la dignité humaine.
A lors que doit devenir le 29 mars ? il doit devenir une journée de conscience nationale, une journée où l’on évalue nos politiques, où l’on engage un dialogue entre génération, où la jeunesse comprend que l’histoire n’est pas un héritage figé, mais une responsabilité vivante
Le 29 mars doit être une journée de transformation de mémoire en action et faire de chaque citoyen un héritier responsable, et non un simple témoin du passé.
Mireille Mourouba










