Centrafrique : Tolérance zéro aux MGF, la ministre KIRIMAT mobilise la nation pour une RCA sans excision

BANGUI, le 06 février 2026 (CentraNews)— À l’occasion de l’édition 2026 de la Journée internationale de la tolérance zéro aux mutilations génitales féminines (MGF), célébrée le 6 février, la ministre KIRIMAT a lancé un appel solennel à l’action et à la mobilisation nationale pour une République centrafricaine débarrassée de cette pratique néfaste.

Dans sa déclaration, la membre du gouvernement a rappelé l’ampleur du phénomène à l’échelle mondiale. Toutes les dix secondes, une fille est victime de mutilations génitales féminines, et près de quatre millions de filles sont exposées chaque année au risque d’excision. Une pratique ancestrale qui, contrairement à certaines croyances, n’est prescrite par aucune religion, mais qui continue de mettre gravement en danger la santé physique, psychologique et reproductive des femmes et des jeunes filles.

En République centrafricaine, les données de l’enquête MICS 6 (2018–2019) indiquent que 21,6 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi une forme de MGF, avec de fortes disparités régionales. Les taux varient de 5,6 % dans certaines régions à plus de 65 % dans d’autres, soulignant la persistance du phénomène malgré les efforts engagés.

Placée cette année sous le thème national « Tous unis pour mettre fin aux mutilations génitales féminines », la commémoration vise à renforcer l’engagement collectif afin d’atteindre l’objectif d’élimination totale des MGF à l’horizon 2030. Selon la ministre, ce thème interpelle l’ensemble des composantes de la société : autorités, leaders communautaires et religieux, société civile, femmes, hommes et jeunes à agir de manière concertée.

La République centrafricaine dispose d’un cadre juridique et institutionnel solide pour lutter contre cette pratique. Le pays a ratifié plusieurs conventions internationales et adopté des textes nationaux, notamment la Constitution du 30 août 2023 garantissant le droit à l’intégrité physique, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), le Protocole de Maputo, ainsi que des lois spécifiques interdisant et sanctionnant l’excision. La pratique, sa tentative ou sa promotion sont passibles de peines d’emprisonnement de deux à cinq ans et d’amendes allant de 100 000 à 1 000 000 de francs CFA.

Grâce à ces efforts, des progrès notables ont été enregistrés. La prévalence des MGF est passée de 43 % en 1994 à 21,6 % en 2020. Plus de trente exciseuses ont publiquement renoncé à la pratique et ont été reconverties dans des activités génératrices de revenus. Les leaders communautaires et religieux jouent un rôle de plus en plus actif, aux côtés d’organisations de la société civile, tandis que le personnel de santé est formé à la prise en charge des complications liées à l’excision. Un numéro vert (1325) a également été mis en place pour signaler les cas ou tentatives de MGF.

Malgré ces avancées, la ministre a reconnu que des enfants et des jeunes filles continuent de subir cette violation de leurs droits fondamentaux. Elle a insisté sur la nécessité d’intensifier la sensibilisation, de déconstruire les arguments fallacieux justifiant la pratique et d’impliquer davantage les victimes et les jeunes dans la lutte.Pour cette édition 2026, plusieurs activités sont prévues, notamment des tables rondes et des causeries-débats à Bangui, ainsi que des campagnes de sensibilisation dans les sept régions du pays.

Réaffirmant que l’excision est une pratique illégale et sévèrement punie par la loi en République centrafricaine, la ministre s’est dite convaincue que l’objectif de la tolérance zéro aux MGF d’ici 2030 est atteignable. Elle a enfin exprimé sa gratitude aux partenaires techniques et financiers pour leur soutien constant à la politique gouvernementale de promotion et de protection des droits des femmes et des filles, sous l’autorité du Premier ministre Félix Moloua et du président de la République, le professeur Faustin Archange Touadéra.

La Journée internationale de la tolérance zéro aux mutilations génitales féminines a ainsi été présentée comme un moment clé de mobilisation, d’engagement et d’espoir pour un avenir sans MGF en République centrafricaine.

Fortuna Mourouba